La déforestation des zones tropicales favorisée par l’agriculture commerciale

Un rapport de la FAO indexe l’agriculture commerciale à grande échelle d’être responsable de la déforestation dans les zones tropicales et subtropicales.

L’expansion des zones agricoles se fait en général au détriment des forêts, plutôt « un mauvais » moyen d’assurer la sécurité alimentaire selon le rapport, intitulé « Forêts et agriculture : défis et possibilités concernant l’utilisation des terres », renseigne adiac-congo.com. Pour la FAO, il n’est pas nécessaire d’abattre des forêts pour produire plus de nourriture. Entre 2000 et 2007, 7 millions d’hectares de forêts ont disparu chaque année dans les pays tropicaux, les terres agricoles augmentant de 6 millions d’hectares dans le même temps. Pourtant pour l’étude, les forêts sont des outils efficaces pour remplir les Objectifs de développement durable (ODD) adopté en septembre 2015. Ceci pour diminuer la prévalence de la sous-alimentation et le nombre de personnes sous-alimentées, mais aussi améliorer la protection et la restauration des écosystèmes aquatiques ou l’accès à une énergie durable, et lutter contre les changements climatiques. Le Journal de l’environnement rapporte les propos de la directrice de la division de la FAO, chargée des politiques et des ressources forestières, Eva Müller : « on peut parvenir à une sécurité alimentaire grâce à l’intensification agricole et à d’autres mesures telles que la protection sociale plutôt qu’à travers l’expansion des zones agricoles qui se ferait aux dépens des forêts ».

L’étude nous enseigne que couper une forêt, c’est se priver d’un écosystème précieux, avec notamment le cycle de l’eau, la conservation de la nature, le piégeage du carbone ou des mécanismes naturels de lutte contre les ravageurs. Sans compter que les forêts ont une incidence sur les climats locaux et protègent les habitats des pollinisateurs, ainsi que d’autres espèces. La FAO note que la déforestation dans les zones tropicales et subtropicales est surtout imputable à l’agriculture commerciale à grande échelle (40%) suivie de l’agriculture de subsistance locale (33%), et aux infrastructures (10%), à l’expansion urbaine (10%) et à l’extraction minière (10%), « avec, cependant, des variations importantes selon les régions ». C’est une production agricole commerciale axée vers l’exportation. Elle peut effectivement générer certains avantages économiques et améliorer la sécurité alimentaire mondiale, indique la FAO. Mais il se peut qu’elle contribue peu à la production alimentaire au niveau local et national. Or en Afrique, c’est la petite agriculture qui est le principal moteur de la déforestation. Par contre, l’agriculture commerciale à grande échelle est à l’origine de seulement un tiers de la déforestation en Afrique.

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