Issa Rohou Laye Sonko sur l’introduction des énergies renouvelables au Sénégal : adoption, enjeux et perspectives

La Conférence de restitution en marge de la COP 22, organisée à Dakar par l’Observatoire des valeurs sociétales et éthiques des organisations (Ovseo) a servi de tribune à l’ingénieur-chercheur sur les énergies renouvelables à la DEL, Issa Rohou Laye Sonko de présenter les points forts de ces nouvelles énergies. S’exprimant sur le thème : « Introduction des énergies renouvelables au Sénégal : adoption, enjeux et perspectives » en présence de monsieur Seyni Nafo, président du groupe des négociateurs africains à la COP22, de Mahamadou Baldé, président de l’Ovseo et de plusieurs personnalités, M. Sonko a également expliqué les sources de provenances de ces types d’énergies avant d’indiquer que le Sénégal n’a pas manqué de légiférer des lois et règlements pour le « développement des énergies renouvelables qui s’inscrit dans le cadre de la sécurisation de l’approvisionnement énergétique et de la réduction de la dépendance aux importations de combustibles ».

« Les énergies renouvelables proviennent de sources d’énergies se renouvelant assez rapidement pour être considérées comme inépuisables à l’échelle de temps humaine », a de prime à bord indiqué Issa Rohou Laye Sonko. « Fournies par le soleil, le vent, la chaleur de la terre, les chutes d’eau, les marées ou encore la croissance des végétaux, les énergies renouvelables : n’engendrent pas ou peu de déchets ou d’émissions polluantes ; participent à la lutte contre l’effet de serre et les rejets de CO2 dans l’atmosphère ; facilitent la gestion raisonnée des ressources locales et génèrent des emplois », se félicite l’ingénieur-chercheur. De son avis, le Sénégal, qui s’est engagé dans le développement des énergies renouvelables depuis 1962, bénéficie d’un riche passé dans presque toutes les filières des énergies renouvelables. A l’en croire, notre pays est bien doté en matière de ressources d’énergie renouvelables : « le potentiel solaire : avec une production moyenne annuelle spécifique nette de 1650 kWh/kWc/an (production théorique annuelle à partir de systèmes photovoltaïque, normalisée par kW de crête) et une énergie moyenne journalière d’irradiation globale de 5,43 kWh /m²/jour. L’exploitation de ce gisement s’est faite jusqu’ici à travers deux sous-filières : la sous-filière solaire photovoltaïque et la sous-filière solaire thermique. Un potentiel éolien intéressant sur notamment toute la  bande côtière d’une largeur de 50 km allant de Dakar à Saint-Louis où les vitesses moyennes de vent à 50 m comprises entre 5,7 et 6 m/s ; un gisement de biomasse non négligeable estimé à 331,3 millions de m3. L’hydroélectricité : des études réalisées, au milieu des années 80, montrent que les ressources hydroélectriques propres au Sénégal sont peu importantes. Le relief relativement plat du pays ne permet pas le développement de cette forme d’énergie, à l’exception de la zone Est, près de Kédougou. Toutefois, il convient de noter que le Sénégal partage avec ses voisins dans le cadre de l’OMVS et l’OMVG un potentiel estimé à près de 1.400 MW peu exploité à ce jour (260MW).  L’énergie géothermique : les sols sénégalais ne possèdent pas de haute valeur géothermique et il n’y a pas eu d’essais d’exploitation de la géothermie basse énergie, compte tenu du fait que d’autres sources énergétiques renouvelables se prêtent mieux à l’exploitation. L’énergie marémotrice est issue des mouvements de l’eau créés par les marées, causées par l’effet conjugué des forces de gravitation de la Lune et du Soleil. Au Sénégal, malgré une longue frange côtière de 500 km, il n’y a pas eu de tentative ni de projet pour exploiter ce potentiel », détaille-t-il.

En 2012 déjà, rappelle l’ingénieur-chercheur Issa Rohou Laye Sonko, la lettre de politique de développement sectoriel de l’énergie (Lpdse 2013-2017) a été élaborée, au titre de l’obligation à garantir la sécurité énergétique, à combattre et à minimiser les externalités négatives liées aux nombreux problèmes qu’ils peuvent générés. Le Sénégal s’est ainsi engagé dans un processus de promotion des énergies renouvelables, de l’efficacité énergétique  et de l’accès à l’énergie en élaborant des lois et règlements pour permettre au secteur privé d’investir dans  le secteur de l’énergie.

Moctar FICOU / VivAfrik

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