Le Congo réussit à relever le défi de former une nouvelle génération d’hommes et de femmes tout à la fois bien éduqués et respectueux de la nature via « Terre d’école »

Le pari semblait fou au départ puisqu’il vise à former une nouvelle génération d’hommes et de femmes tout à la fois bien éduqués et respectueux de la nature, mais voilà qu’il se concrétise avec l’ouverture de l’Ecole de la Fraternité à Kintélé et la signature, à Pointe-Noire ce 15 mai, d’un protocole d’accord entre l’Etat congolais et les grandes entreprises pétrolières – SNPC, Total E&P Congo, Chevron – qui permettra de créer un vaste campus scolaire, également à Kintélé.

Avec ses quatre hectares de champs et de bâtiments, ses dizaines de classes allant de la sixième à la terminale, ses six cents élèves, ses dizaines de professeurs, son centre de conférence, ses installations ultra-modernes, le Campus Terre d’Ecole va permettre de franchir un pas décisif sur la voie d’un développement durable qui ne dégradera pas l’environnement mais, bien au contraire, s’emploiera à le préserver. Il fera du Congo, selon adiac-congo.com, un modèle fondé sur l’enracinement territorial, l’implication, l’adhésion des populations locales et démontrera que le vaste projet lancé il y a deux mois à Oyo lors de la conférence sur le Fonds Bleu pour le Bassin du Congo n’a rien d’utopique dès lors que les grands acteurs de la société africaine s’appliquent à le concrétiser. Présente dans toutes les conférences mondiales sur le climat depuis la COP Rio+20 Terre d’école, dont le siège est à Brazzaville, s’est fixé comme objectif d’obtenir que l’éducation soit prise en compte dans toutes les réflexions sur les changements climatiques et la préservation de l’environnement. Mais au lieu de s’en tenir à de nobles discours et à une approche théorique de ce combat pour la survie de l’humanité, elle a décidé d’agir sur le terrain en lançant des écoles où les nouvelles générations apprendront à respecter la nature tout en se formant aux technologies les plus modernes. Elle a, du même coup, généré au plus haut niveau de l’Etat et dans les grandes entreprises une réflexion qui a débouché elle-même sur l’évènement à tous égards exceptionnel que nous allons vivre cette semaine.

C’est pourquoi nous qui sommes de simples observateurs de la scène humaine nous avons décidé d’apporter avec Les Dépêches de Brazzaville notre pierre au bel édifice qui se construira dans les mois et les années à venir. Comment, en effet, la page historique qui s’ouvre sous nos yeux et dont dépend à plus ou moins brève échéance le sort de l’humanité pourrait-elle s’écrire si les nouvelles générations ne sont pas formées dans ce sens, dans ce but ? Vous qui lisez quotidiennement ce quotidien suivez donc avec attention les activités de Terre d’école dont nous rendrons fidèlement compte jour après jour, semaine après semaine, mois après mois, année après année. À travers ce noble projet se dessine en effet un mouvement que l’on peut dès à présent nommer « Terre d’avenir » et qui permettra de résoudre bien des problèmes apparemment insolubles que pose l’évolution présente du monde dans lequel nous vivons ; un projet que définit clairement le numéro spécial qui parait aujourd’hui et que résume parfaitement la fondatrice de Terre d’école, Maria Maylin, avec cette formule : « faire du développement durable une réalité dans la vie de chaque enfant, permettre à la nouvelle génération de devenir les acteurs, non seulement conscients des enjeux de la planète, mais porteurs de solutions afin de contribuer à la sauver, tels sont les enjeux de Terre d’école. Et c’est du Congo, au cœur du continent africain, deuxième poumon de la planète après l’Amazonie, qu’émerge une solution éducative. Cela ne doit pas être une surprise. Aujourd’hui l’Afrique est un laboratoire et nos idées novatrices, mises en œuvre pour commencer à Kintélé, serviront un jour, à n’en pas douter, partout dans le monde ». Qui ne se passionnerait pas pour un tel projet ?

Moctar FICOU / VivAfrik

Laisser un commentaire