Covid-19 : l’UE appuie les pays les plus vulnérables

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Les pays défavorisés vont bénéficier un soutien de taille de l’Union européenne (UE) afin faire face aux conséquences économiques et sociales engendrées par la pandémie du coronavirus. La priorité sera accordée, selon l’UE, à l’Afrique, qui compte 90% des pays les plus vulnérables dans le monde. Les autres bénéficiaires seront les pays du Proche-Orient qui accueillent des réfugiés, les pays des Balkans occidentaux, les pays dits du voisinage (Arménie, Ukraine) et quelques pays d’Amérique latine et des Caraïbes.

La garantie de l’Union européenne est estimée à plus de 15 milliards d’euros. Ce financement permettra d’aider les pays les plus vulnérables en Afrique et dans le reste du monde à lutter contre la pandémie. C’est ce qu’a annoncé la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen le 7 avril 2020.

« L’Afrique pourrait connaître, dans quelques semaines, les mêmes problèmes que ceux auxquels nous sommes confrontés en Europe. Elle a besoin de notre aide pour ralentir la propagation du virus », a-t-elle averti dans un message vidéo en plusieurs langues mis en ligne sur son compte twitter. « C’est pourquoi l’Union européenne garantit plus de 15 milliards d’euros pour aider nos partenaires du monde entier à lutter contre les coronavirus », a-t-elle ajouté.

Les ministres européens du Développement ont ajouté des contributions nationales aux 15,6 milliards annoncés par la présidente de la Commission européenne Ursula Von der Leyen. Il s’agit de fonds alloués non dépensés réorientés pour la lutte contre la pandémie et de garanties pour des prêts.

« Nous sommes pour l’instant à la limite de nos moyens financiers et nous ne pourrons rien trouver dans le budget en ce moment tant que les dirigeants politiques ne décideront pas de le réviser complétement », a expliqué mercredi Michael Köhler, un des responsables des services pour les opérations d’aide humanitaire européennes. Les désaccords entre les Etats membres sur leurs contributions nationales ont empêché l’adoption d’un budget pour la période 2021-2027 et toutes les réserves du budget 2020 ont été épuisées.

Ce soutien financier est constitué par des fonds non encore dépensés, réorientés pour lutter contre le Covid-19, des réserves du Fonds européen pour le Développement (FED) et des garanties données par le Fonds européen pour le développement durable.

Une partie conséquente des financements réalloués par la Commission, 3,25 milliards d’euros, auxquels s’ajoutent 1,4 milliards d’euros de prêts, est destinée aux pays africains. « L’Afrique est une priorité », a insisté Josep Borrell, estimant qu’elle avait des besoins immédiats.

L’essentiel du soutien financier, soit près de 13 milliards, est destiné à aider ces pays à faire face aux conséquences économiques et sociales de la pandémie. Un soutien aux systèmes de santé est également prévu ainsi qu’une réponse aux besoins humanitaires et sanitaires, a-t-on précisé.

Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell avait annoncé vendredi 3 avril la préparation d’un « paquet d’aides financières » pour l’Afrique et d’autres régions en difficulté, ajoutant que « la pandémie ne pourra pas être vaincue, si elle ne l’est pas partout ».

« Nous pouvons vaincre l’épidémie en Europe, mais si nous ne la vainquons pas en Afrique, nous resterons également menacés », souligne Josep Borrell, Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères.

« Nous faisons face à une pandémie mondiale. Depuis le premier cas en décembre dernier, le virus a atteint pratiquement tous les pays du monde et sa propagation rapide a eu un impact profond sur nos sociétés, nos économies et nos systèmes de santé », a rappelé Ursula von der Leyen.

La question d’un effacement de la dette des pays les plus vulnérables n’a pas été discutée au cours de la réunion des ministres, a précisé Josep Borrell. « Mais l’UE et ses Etats membres soutiennent une réponse mondiale et le principe d’un moratoire sur les dettes », a-t-il assuré.

Le soutien de l’UE vise à inciter les autres organisations internationales, notamment le Fonds monétaire international, mais aussi de grands pays, notamment la Chine, à prendre leur part dans le sauvetage des pays du continent africain, a expliqué un diplomate européen.

Mais les ressources financières vont se faire de plus en plus rares. Même au sein de la zone euro, les discussions sont très difficiles. Les ministres européens des Finances ne sont pas parvenus à s’entendre le 8 avril 2020, après une nuit entière de discussions, sur une réponse économique commune face à la récession qui menace. Les pays du sud de l’Europe réclament « un effort financier sans précédent » et une certaine « mutualisation de la dette », ce que quelques pays du nord de l’Europe refusent.

Moctar FICOU / VivAfrik

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