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Des chercheurs canadiens transforment du carburant anti-CO2 à partir de « feuille artificielle »

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Les startuppeurs canadiens sont passe de résoudre les problèmes posés par le pétrole. En effet, ils ont trouvé la voie menant à transformer, à grande échelle, le CO2 en carburant liquide. En termes clairs, ces scientifiques ont réussi le pari de convertir du CO2 en méthanol grâce à une « feuille artificielle », en reproduisant le mécanisme de la photosynthèse.

Dans une étude publiée lundi 4 novembre 2019 dans la revue scientifique Nature Energy et reprise par Sciences et Avenir, les chercheurs Canadiens font état d’un moyen prometteur de produire du carburant anti-CO2.

Le mécanisme de la photosynthèse est le suivant : dans la nature, les végétaux, algues ou bactéries transforment naturellement la lumière du soleil – captée par exemple par le feuillage – le CO2 et l’eau en énergie (sous forme de glucides), tout en libérant de l’oxygène.

Chaque jour, l’Homme produit près de 100 millions de barils de pétrole dans le monde, soit plus de 15 milliards de litres. Un chiffre vertigineux, que l’on peine à réduire malgré la raréfaction des énergies fossiles et les signaux d’alerte que nous envoient notre terre en surchauffe. Au même moment, une autre production de carburant, cette fois capitale à la survie de notre planète, se déroule en silence. La photosynthèse, processus de transformation naturelle du dioxyde de carbone en glucose à partir d’eau et de lumière du Soleil, propre à tous les végétaux, est bien la plus magique des productions d’énergie. C’est pourquoi la science tente de s’en inspirer depuis plusieurs années pour pouvoir un jour fabriquer, à grande échelle, un carburant capable de remplacer de façon viable le pétrole.

Une équipe de chercheurs canadiens de l’Université de Waterloo (Ontario) est parvenue à reproduire artificiellement ce processus et à convertir du dioxyde de carbone (le CO2 responsable de l’effet de serre) en méthanol. Pour cela, ils n’ont utilisé que de l’eau, la lumière du soleil et un oxyde de cuivre. Celui-ci, que les blouses blanches qualifient de « feuille artificielle » prend la forme d’une poudre à diluer de couleur rouge. Elle est produite en une heure à partir de la réaction chimique de quatre substances – le glucose, l’acétate de cuivre, l’hydroxyde de sodium et le dodécylsulfate de sodium. Concrètement, les auteurs de l’étude ont dilué l’oxyde de cuivre dans de l’eau, dans laquelle du dioxyde de carbone avait préalablement été insufflé. Le mélange a ensuite été exposé à une lumière blanche simulant le soleil, enclenchant le mécanisme de photosynthèse. L’eau est enfin chauffée pour permettre au méthanol de s’évaporer.

Même si le procédé n’est pas nouveau, leur système, simple et peu coûteux, il pourrait être transposable à une échelle industrielle. Marine Benoit, de Sciences et Avenir, rappelle que d’autres tentatives du même genre ont déjà été accomplies depuis les années 1990. Celles-ci n’ont pas franchi le stade industriel : elles nécessitaient en effet de recourir à l’électricité pour provoquer la réaction ou de passer par une transformation intermédiaire pour obtenir le résultat voulu. En clair, la photosynthèse n’était que partiellement reproduite. Selon les auteurs de l’article scientifiques, leur feuille artificielle constituée d’oxyde de cuivre permet de produire du méthanol avec un rendement d’environ 10 %. Ce composé chimique est un alcool, présent en faible quantité dans l’air, via la fermentation de plantes ou le métabolisme des animaux. Proche de l’E85, il peut notamment être utilisé comme carburant : jusqu’en 2006, les moteurs utilisés par les monoplaces américaines du championnat Indycar fonctionnaient grâce cet « alcool ». Particularité : le carburant ne produit pas de flamme visible lorsqu’il brûle. Il est donc tout à fait envisageable – moyennant quelques aménagements sur nos blocs (soupapes, injection…) – d’utiliser du méthanol issu de cette réaction pour faire avancer nos véhicules. Reste à convaincre les industriels des bienfaits de cette technique.

Moctar FICOU / VivAfrik            

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