CPO21- « Le Sénégal doit reconstruire sa capacité de résilience » affirme Abdoulaye Bibi Baldé

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Le Sénégal doit reconstruire sa capacité de résilience afin de se relever des impacts climatiques qui le rendent « vulnérable », a soutenu, vendredi à Dakar, le ministre de l’environnement et du développent durable, Abdoulaye Baldé sur les colonnes de l’APS et visité par vivafrik.com.

« Le Sénégal est un pays vulnérable, le moindre choc climatique peut avoir des dommages graves. Il faut se relever de ces impacts et construire notre capacité de résilience, c’est pourquoi l’introduction pour nous dans l’accord de la COP 21 des questions de pertes et dommages des mécanismes clairs était une préoccupation », a-t-il dit. S’exprimant lors de la journée de son ministère à la Foire internationale de Dakar, M. Baldé a qualifié d’ « historique » l’accord de la COP 21 obtenu après 20 ans de discussions.
« C’est un accord que les pays africains notamment le Sénégal voulaient ambitieux et tenant compte de l’équité, car tous les pays n’ont pas la même vulnérabilité, et il était important que l’accord tienne compte de tout cela », a indiqué M. Baldé. Qui a ajouté que « nous avons obtenu de l’accord, qu’à partir de 2020, le financement sera un plancher. D’autres questions non moins importantes ont été prises en compte dans l’accord notamment les questions liées aux pertes et aux dommages ».

Madeleine Diouf Sarr, environnementaliste à la direction de l’environnement et des établissements classés (Deec) qui présentait les conclusions de la COP 21, laisse entendre : « la température de la terre augmente. On la vit au Sénégal. On a une augmentation de 1, 5°C. Il fait chaud et particulièrement la nuit ». Elle a expliqué que l’objectif de l’accord « est de voir comment limiter les concentrations de gaz à effet de serre, de façon à ce qu’on ne perturbe pas le système mondial climatique et qu’on ne menace tout ce qui est production alimentaire ». La convention, poursuit-elle, remonte à Rio en 1992 où il y a eu la convention sur la biodiversité de lutte sur la désertification et sur le climat.
« Ces conventions ont été ratifiées par les 195 pays du monde dont ceux en développement et les pays développés qui sont responsables du réchauffement climatique », a rappelé Mme Sarr. Poursuivant son speech, elle alerte qu’« il fallait réduire les émissions de gaz à effet de serre. On est passé de 270 ppm de gaz à effets de serre à 400 ppm. Nous avons beaucoup pollué dans un laps de temps et si on ne fait rien, on risque d’atteindre les 4, 8°C d’augmentation avec un niveau de mer d’un mètre pour le Sénégal. Il y aura des problèmes, de réelles catastrophes ». L’environnementaliste a expliqué que l’accord de Paris vise à maîtriser l’émission de gaz à effet de serre, à limiter la hausse de la température à 2 °C. « Actuellement, nous sommes à 0,8°C. Il faut éviter de dépasser ce seuil pour ne pas vivre des conséquences assez irréversibles et coûteuses à mettre en œuvre », a-t-elle ajouté. « Pour éviter d’atteindre ce seuil, il faut réduire de 40 % les émissions à travers le monde et présentement, nous sommes à 20 % », a-t-elle conclut, invitant tous les pays à s’y mettre.

Moctar FICOU / VivAfrik