Niger: Kouré abrite la dernière population de girafes du pays et d’Afrique de l’Ouest

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Vouées à disparaître, les girafes du Niger ont survécu grâce aux efforts d’une association et de la population locale. Leurs jours seraient à nouveau comptés, rapporte parismatch.com dans sa livraison du jour.

Le mois dernier, une notice du ministère des Transports chargeait les fonctionnaires de la province de Kouré, à 60 kilomètres de Niamey, de faire combler les trous aux abords de la construction du chemin de fer. Ces fossés risquaient de provoquer des chutes… de girafes! Au milieu des années 90, victimes de braconnage, les girafes de Kouré n’étaient que 49 et plutôt mal vues par la population. L’ethnologue française Isabelle Ciofolo crée alors l’Association de sauvegarde des girafes du Niger (ASGN).

girafes niger

Aujourd’hui, une structure emploie des guides chargés d’accompagner les touristes et de sensibiliser les populations locales. D’abord hostiles à la présence de cet animal qui pendant la saison des pluies pille leurs réserves de haricots, de mil et ravage les manguiers, les villageois apprennent à en percevoir les bons cotés. Ils perçoivent une partie des recettes touristiques et comprennent alors l’intérêt d’héberger les dernières espèces de Giraffa Camelopartdalis Peralta. Les habitants de Kouré appellent ces dernières girafes du Niger leur «porte-bonheur».

Attention girafes
Girafes Niger mangeant
Kouré, Niger. Le 27 février 2016.F de Labarre

Leur nombre ne cesse de croître. En 2012, on comptait 366 girafes au Niger. En 2013, leur nombre s’élevait à 413. Malheureusement, faute de ressources, notre guide craint pour leur avenir. «Parfois, on trouve des entailles sur les pattes des girafes, ce sont les fermiers qui les battent avec leurs bâtons», constate-t-il. Malgré les efforts de l’association qui a contribué par exemple aux forages de puits et malgré la motivation des guides, les villageois pourraient à nouveau voir d’un mauvais œil la présence de ces girafes. Le manque de ressources alimentaires reste le principal problème de la population du Niger. Or les girafes nuisent aux réserves des villageois. « Nous n’avons pas de problème avec elles, nous assure Ibrahim al Kali. Mais pendant la saison des pluies, elles nous prennent notre mil et nos haricots. » Notre guide a profité de notre rencontre pour lancer un appel pour aider cette population menacée d’extinction. En octobre 2015, l’une des girafes nigériennes mourrait fauchée par un bus.

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