Accès à l‘énergie et à l’eau : les femmes en pôle position

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« Parvenir à l’égalité entre les sexes et autonomiser toutes les femmes et les filles ». Cet objectif a été choisi par les Nations unies parmi 17 autres dans un but unique : réduire la pauvreté dans le monde. Les cas de l’énergie et d’eau sont des exemples probants du rôle essentiel des femmes dans la mise en place d’un développement plus équitable et durable. Vu leur impact positif au sein des familles et des communautés dans l’approvisionnement de l’énergie et de l’eau, les femmes sont les premières exposées lorsque ces ressources essentielles sont absentes, difficiles d’accès ou dangereuses d’utilisation, a-t-on lu ce mardi dans les colonnes de filiere-3e.fr et parcouru par vivafrik.com.

C’est pourquoi, lors d’un projet d’accès à l’électricité et à l’eau, elles sont souvent les premières bénéficiaires de l’amélioration des conditions de soins et d’accouchement grâce à l’éclairage la nuit et à l’utilisation d’appareils de monitoring modernes, bénéficient l’accès aux cours d’alphabétisation dans l’école éclairée mais aussi elles bénéficient de la réduction du temps consacré au puisage de l’eau grâce à la motorisation solaire de la pompe et l’intégration à de nouvelles activités génératrices de revenus comme le maraîchage ou la recharge de batteries de téléphones portables.

En Afrique de l’Ouest, dans la région de Matam et Kanel au Sénégal et à Lalgaye au Burkina Faso, les femmes sont les bénéficiaires directes de deux projets menés par l’ONG Electriciens sans frontières. Ces deux régions font face à une insécurité alimentaire croissante, première conséquence des sécheresses accrues par le réchauffement climatique. L’installation de systèmes de pompage solaire a permis d’assurer l’irrigation des cultures et la création durable d’un jardin maraîcher. Cette activité économique locale peut sembler marginale à l’échelle de l’économie du pays, pourtant dans le cas du Burkina Faso, le seul secteur rural emploie 86 % de la main-d’œuvre totale aussi bien des hommes que des femmes, ce qui peut contribuer à la fois au développement du pays et à l’émancipation des femmes.

En Inde, l’ONG Shramik Bharti a mené une initiative visant à promouvoir la parité hommes-femmes tout au long de la chaîne de valeur de l’énergie. Les résultats de cette initiative ont montré que les femmes avaient été les catalyseurs du progrès technologique les faisant apparaître comme des « acteurs du développement ». Leur rôle dans la société les inciterait à investir les revenus nouvellement générés en faveur du développement économique et social, de la sécurité et du recul de la pauvreté.

Plusieurs acteurs associatifs et institutionnels l’ont d’ailleurs réaffirmé au cours de la COP21 : les femmes ne sont pas de simples bénéficiaires, leur implication est une des clés de la réussite et de la pérennité des projets d’accès à l’électricité et à l’eau. Partageant cette conviction, Electriciens sans frontières identifie, dans nombre de ses actions, le collectif de femmes du village comme un acteur indispensable à l’efficience et à la pérennité du projet et l’associe tout au long des décisions. En amont, les femmes sont interrogées pour apprécier au mieux les besoins réels du village. Elles sont ensuite formées à la maintenance des installations et sensibilisées aux risques électriques. Enfin, une représentante du collectif de femmes est associée au comité de gestion, en charge de la bonne utilisation et de l’entretien des installations électriques publiques du village. En plus d’en être bénéficiaires, les femmes constituent des ambassadrices d’excellence d’un projet d’accès à l‘énergie. Elles sont garantes de sa pérennité et plus largement moteur des dynamiques de développement humain et économique.

Moctar FICOU / VivAfrik

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