Kenya : Entre amnistie sur l’ivoire et corridors pour les éléphants

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Lançant une amnistie de trois semaines pour ceux qui remettront de l’ivoire d’éléphant et de la corne de rhinocéros, les autorités Kenyanes comptent organiser la plus grande cérémonie de crémation jamais organisée en Afrique. De l’autre côté, l’ONG Save the Elephants souhaite établir des corridors, pour la faune sauvage, pour mieux les protéger et comprendre les habitudes de ces mammifères qui traversent régulièrement, les routes et les voies ferrées.

Le braconnage d’éléphants et de rhinocéros et le commerce illégal d’espèces animales menacent leur survie et constituent la problématique majeure de la gestion de la biodiversité animale en Afrique.

« Quiconque est en possession d’ivoire, de corne de rhinocéros ou de tout autre type de trophée animal, de bijoux ou de bibelot en ces matières doit les remettre » aux autorités, a affirmé le ministre de l’Environnement Judi Wakhungu à l’occasion du lancement des préparatifs de la cérémonie de crémation sur le site du Parc national de Nairobi, rapporte swissinfo dans sa livraison du jour.

« Même si la destruction de cet ivoire et de cette corne de rhinocéros ne mettra pas fin au commerce illégal, elle démontre l’engagement du Kenya à rechercher une interdiction mondiale sur le commerce d’ivoire et de corne de rhinocéros », a expliqué le ministre de l’Environnement, en soulignant que « le braconnage est aux mains des mafias internationales et nourrit la corruption », poursuivi swissinfo.

« Ceux qui profiteront de cette amnistie ne seront pas poursuivis », a-t-il assuré.

La crémation, prévue le 30 avril, devrait concerner environ 105 tonnes d’ivoire – sept fois la plus grosse quantité brûlée dans ces circonstances – et 1,35 tonne de corne de rhinocéros.

L’ONG Save the Elephants, pour sa part, dans un programme co-géré, souhaite établir des corridors, pour la faune sauvage, pour mieux les protéger et comprendre les habitudes de ces mammifères qui traversent régulièrement, les routes et les voies ferrées.

« L’objectif principal c’est de connaître les habitudes de ces animaux, pour savoir à quel endroit ils vont traverser une autoroute, ou le chemin de fer qui est actuellement en construction. Nous pourrons alors utiliser cette information pour mieux planifier les passages souterrains, là où les animaux peuvent traverser sans risque. L’autre objectif, c’est d‘étudier la ligne de chemin de fer déjà existante. Il y a des passages souterrains pour la faune qui veut traverser. Nous voulons comprendre, en tant que scientifiques, si ces passages sont efficaces et s’il y en a assez. Après, nous pourrons en tirer des conclusions pour installer d’autres passages ailleurs », explique Benson Okita, responsable de l’ONG Save the Elephants

Aujourd’hui c’est tout l‘écosystème du parc national qui est menacé par l’urbanisation, le changement climatique et le braconnage. Au rythme actuel, les éléphants d’Afrique pourraient bien disparaître complètement d’ici 2025. Le continent compte près de 500 000 animaux, contre plusieurs millions au milieu du XXème siècle.

Robert O’Brien, Kenya Wildlife Service : “Les éléphants traversent les fermes, alors nous voulons les suivre pour pouvoir prévoir leurs mouvements. Quand on sait où ils vont, on peut les repousser pour les amener de l’autre côté.”, rapporte euronews dans sa livraison du jour.

Le Kenya a signé un accord avec la Chine en 2013 pour la construction d’un nouveau chemin de fer entre Nairobi et Mombasa. Une partie traversera le parc national, avec plusieurs passages souterrains, car c’est ici que vivent la majorité des éléphants du pays. En 2012, les scientifiques avaient comptés près de 11.000 éléphants, contre plus de 12 500 en 2011. Pour les responsables du parc, surveiller les mouvements des éléphants permettrait aussi de réduire les risques de tensions avec les humains poursuit euronews.

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