Jean-Louis Borloo réaffirme son intention d’éclairer l’Afrique par le biais des maires français

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L’ancien ministre de l’écologie de Nicolas Sarkozy préside aujourd’hui Energies pour l’Afrique, une association dont l’objectif est de connecter à l’électricité, d’ici à 2025, les deux tiers des habitants du continent qui en sont aujourd’hui privés. Accompagné de deux maires d’Afrique de l’Ouest, il a lancé le 31 mai, un vibrant appel aux maires de France pour que leurs communes soutiennent cette initiative.

A en croire localtis.info, Jean-Louis Borloo a déployé tous ses talents d’avocat le 31 mai devant les maires de France pour plaider la nouvelle cause dans laquelle il est ardemment engagé depuis deux ans : l’électrification du continent africain. L’ancien ministre et maire de Valenciennes préside l’association Energies pour l’Afrique, qui milite pour la création d’une agence intergouvernementale africaine mobilisant financements internationaux publics et privés dédiés exclusivement à des projets d’énergie renouvelable, d’efficacité énergétique, de distribution, de transport d’électricité et de remise en état des installations existantes afin de permettre une électrification massive du continent. Objectif : faire passer la proportion de population connectée de 25% à 80% en dix ans. « C’est le premier plan d’énergie renouvelable de l’histoire de l’humanité, a défendu avec ardeur Jean-Louis Borloo. C’est tout à la fois un grand projet de paix, d’énergie et de croissance qui amène aussi la démocratie ». « L’Afrique comptera 2,4 milliards d’habitants dans 20 ans. A cette date un quart de l’humanité sera africaine, avec 40% de moins de vingt ans », a poursuivi l’ancien ministre, soulignant l’immense défi qui attend le continent pour nourrir, former, loger, guérir, éduquer une population appelée à doubler. Dans ce contexte, le rôle de l’énergie est crucial pour l’accès à l’eau, à l’assainissement, à l’emploi, aux services de tous les habitants. « Compte tenu de la croissance démographique, dix millions d’africains en plus chaque année n’ont pas accès à l’électricité, a souligné l’ancien ministre. Ce n’est pas tenable de laisser ces jeunes nés avec les moyens d’information actuels dans des endroits sans lumière, sans eau, sans espoir. Si on ne les aide pas, ils vont continuer à alimenter les flux migratoires ». Accélérateur de croissance de l’ordre de « 10-12% » pour l’Afrique et de « 2% » pour l’Europe, ce plan montre aussi selon Jean-Louis Borloo à quel point les deux continents sont liés en matière économique.

Une plate-forme pour les communes qui veulent contribuer

« Les chefs d’Etat africains ont voté, le Parlement panafricain a voté, la Commission européenne et les principaux commissaires ont donné leur accord à ce plan d’électrification, reste la voix de la France », a-t-il poursuivi avant d’inciter les maires à lancer un appel à la présidence française en ce sens. Car selon lui, « on aura menti à la COP21 si on n’est pas au rendez-vous de ce plan ». Il est aussi fondamental selon lui que via la coopération décentralisée, les communes françaises s’engagent aux côtés de leurs homologues africaines. « Nous allons mettre en place une plate-forme pour celles qui souhaitent donner ce coup de main », a-t-il indiqué.

Deux élues d’Afrique de l’Ouest étaient présentes à ses côtés le 31 mai pour appuyer ses propos. Oumou Sall Seck, maire de Goundam, une localité du nord du Mali qui a subi les exactions des groupes armés islamistes, a appelé à soutenir le plan d’électrification au nom du développement et de la lutte contre le terrorisme, qui vont de pair. « Sans accès aux services sociaux de base et à l’électricité, les habitants sont condamnés à la misère et les terroristes tirent argument de cela pour enrôler des jeunes ». Célestine Ketcha-Courtés, maire de Bangangté, une ville de 200.000 habitants au Cameroun, a insisté sur les enjeux en termes de développement durable et d’émancipation des femmes africaines. « Sans énergie, il n’y a pas d’eau et ce sont les mères et les filles qui sont chargées de la corvée d’eau pour toute la famille. Si elles en sont dispensées, elles pourront plus facilement accéder à l’éducation », a souligné l’édile. André Flajolet, maire de Saint-Venant (62), a fait part du souhait de l’Association des maires de France (Amf), dont il préside la commission environnement et développement durable, de soutenir le plan d’électrification de l’Afrique. « Les maires, dans la démocratie française, sont la lumière de l’Etat-nation et cette lumière doit aller vers le monde par le transfert de pouvoir, de savoir et d’argent. D’un point de vue moral et sociétal, nous devons être partenaires de ce plan ».

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