« Océan sain, planète saine » rythme de la journée mondiale de l’océan

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La célébration de l’édition 2016 de la journée mondiale de l’océan a été axée autour du thème « océan sain, planète saine ». Un thème qui est en parfaite adéquation avec une période de changement sans précédent que nous vivons. Alors que nous célébrons aujourd’hui nos trésors marins à l’occasion de cette journée, l’UNESCO se penche également sur le travail nécessaire afin de préserver les océans malgré l’augmentation du niveau de la mer, des températures et de l’acidité de l’eau. Cette année, les effets du changement climatique ont été exacerbés par le puissant phénomène El Niño, par lequel la majeure partie de l’océan Pacifique a atteint des températures record.

whc.unesco.org, dans sa livraison d’hier, renseigne que la conséquence la plus concrète de cette hausse de température a sans doute été le blanchissement des récifs coralliens. D’après les dernières données scientifiques, jusqu’à 15 des récifs coralliens présentant une valeur universelle exceptionnelle inscrits sur la liste du patrimoine mondial pourraient être affectés avant que l’actuel phénomène de blanchissement n’ait pris fin. Selon le Dr C. Mark Eakin, coordinateur du NOAA’s Coral Reef Watch, qui avait prédit que le phénomène El Niño de 2016 serait le pire de l’histoire, « le phénomène de blanchissement mondial de corail que nous connaissons est désastreux pour de nombreux récifs de par le monde ». « Dans plusieurs récifs spectaculaires, reculés et bien protégés, des coraux ont subi de puissants blanchissements ou sont morts. Un nombre sans précédent de sites du patrimoine mondial, de la fameuse Grande Barrière de corail à l’Atoll d’Aldabra reculé de l’Aire protégée des îles Phénix, en passant par Papahánaumokuákea, sont menacés par les hausses de températures, causées par le réchauffement mondial et El Niño. »

Le changement climatique est un problème mondial nécessitant une solution mondiale. L’accord de Paris a établi un cadre d’action climatique à travers le monde. Lors de sa dernière session à Bonn, le Comité du patrimoine mondial – qui a suivi une politique neutre en matière de carbone depuis 2007– a fait entendre son souhait qu’un accord soit trouvé lors de la COP21. Le Comité avait alors appelé les États parties à mobiliser une action climatique sur le terrain. Pour préserver les récifs coralliens et les nombreux autres écosystèmes marins, il est essentiel de maintenir le réchauffement climatique à l’objectif à long-terme de 1,5°C convenu dans l’accord de Paris.

L’UNESCO travaille depuis des années à suivre et gérer l’impact du changement climatique. Dans notre travail quotidien, nous aidons les gouvernements et les gestionnaires de sites à réduire les facteurs de stress tels que la surpêche, le transport maritime, la pollution et l’aménagement côtier de sorte que ces écosystèmes fragiles puissent développer une meilleure résistance. En effet, des écosystèmes sains sont plus à même de supporter et se remettre du phénomène de blanchissement, des tempêtes plus fréquentes et de la hausse des températures. Aucun site du patrimoine mondial marin ne détient toutes les solutions, c’est pourquoi il est primordial que nous collaborions et échangions nos idées. Par ailleurs, l’UNESCO joue un rôle essentiel de facilitateur dans cette coopération internationale. En août prochain, le Programme marin du Centre du patrimoine mondial réunira des gestionnaires de sites du monde entier aux Îles Galápagos afin de partager les stratégies de changement évolutif. En réduisant les autres contraintes pesant sur ces joyaux que sont les océans, l’on peut leur offrir la possibilité de se remettre du phénomène dévastateur d’El Niño de cette année, et sauvegarder leur valeur universelle exceptionnelle face au changement climatique. Le temps est venu d’unir nos efforts pour protéger notre héritage océanique commun afin de le léguer aux générations futures.

Moctar FICOU / VivAfrik

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