Akinwumi Adesina réussira-t-il à électrifier l’Afrique ?

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La 51è édition des assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (Bad) a démarré le lundi 23 mai à Lusaka. Avant le début des activités, le président Akinwumi Adesina a eu une rencontre avec la presse au cours laquelle il avait déjà annoncé les couleurs de sa politique en brossant les réalités économiques et sociales de l’Afrique ainsi que les freins à son développement. Il privilégiera le secteur énergétique. Est-ce bien visé ?

Au cours de ces assises annuelles relate wayeno.net, les acteurs institutionnels et financiers se promettent un meilleur engagement dans le renforcement des infrastructures de production dans ce secteur. Il faut dire que la Banque avait déjà commencé des actions concrètes en ce domaine en finançant à 17% le coût de développement global de la centrale solaire Noor 1, au Maroc. « Nous comptons doubler nos engagements et investir près de 12 milliards sur ce secteur pour les cinq prochaines années », annonce le président du groupe Bad. Etant donné que le continent dispose d’un potentiel illimité en ressources naturelles notamment énergétiques, solaires, éoliennes, hydroélectriques et géothermiques, la Bad assure qu’elle aidera l’Afrique à libérer son potentiel énergétique car cela semble être un point stratégique non-négligeable du développement du continent. Le Programme d’électrification rurale globale (Perg) de la Bad bénéficie d’une attention toute particulière. La Banque promet d’aider à mobiliser près de 50 milliards de dollars de financements publics et privés en faveur des projets d’investissement dans le secteur. Grâce à ce programme, le Maroc a rehaussé en 20 ans son taux d’accès à l’électricité de 18% en 1996 à plus de 99% à la fin de l’année 2015. Le secteur de l’énergie est sans conteste devenu un levier de l’économie en Afrique, et les carences observées en ce domaine constituent un frein au développement. Le pari de la Banque sera louable si elle est tenue, affectera positivement le développement du secteur énergétique et surtout de l’Energie renouvelable et offrira à l’Afrique non seulement, un meilleur accès à l’électricité et une plus grande croissance économique et industrielle mais aussi des emplois. Elle constituera aussi un bel enjeu au plan environnemental.

Les initiatives individuelles commencent déjà par fleurir dans la sous-région Ouest-africaine notamment au Ghana où un togolais Charles Sena Ayenu pilotant le projet Home Energy Africa construira une centrale solaire de 1000 mégawatts qui vise à électrifier 80 000 foyers et créer 200 emplois. Même si l’appui de la Bad ne se fait pas encore sentir, c’est déjà une très belle initiative. Les Etats africains devront penser des politiques afin de se saisir de cette opportunité offerte par la Bad et valoriser le potentiel en ressources naturelles énergétiques. Vivement que l’institution panafricaine financière gagne son pari mais serait-ce suffisant le cas échéant ? Un secteur énergétique en hausse est-il suffisant si la bonne gouvernance est encore une arlésienne? Faut-il en faire abstraction? A l’évidence, le patron de la Bad a vu juste en ce qui se rapporte à l’énergie. Mais c’est seulement associé à la promotion de la bonne gouvernance qu’elle sera un bien meilleur levier de développement.

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