L’Afrique face au défi d’optimiser son agriculture afin de nourrir ses 2,5 milliards d’habitants à l’horizon 2050

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Pour nourrir les 2,5 milliards d’habitants qu’elle portera en 2050, l’Afrique va devoir optimiser sa production agricole sans trop polluer. Et pourrait notamment s’inspirer d’une pratique agricole ouest-africaine vieille de 700 ans.

« Sans aucun doute, le 21ème siècle sera celui de la démographie africaine ». Cette prophétie, formulée dans les colonnes de l’Obs par John May, ancien démographe principal à la Banque mondiale, est confirmée par les estimations démographiques de l’Onu de juillet 2015 : la population africaine comptera 2,5 milliards d’habitants en 2050, et 4,5 milliards en 2100. Un Terrien sur trois serait alors africain à la fin du siècle. Le quatrième pays le plus peuplé au monde en 2050 serait le Nigéria, avec quelques 377 millions de résidents, derrière l’Inde, la Chine et les Etats-Unis, selon un rapport du Population référence bureau publié en juillet 2015. Et toutes ces personnes, il va falloir les nourrir. Et de préférence sans détruire la planète.

Du charbon et des restes de poulet

Mais, de fait, le continent pourrait bien relever le défi sans déverser des litres de pesticides et autres engrais chimiques dans leurs sols. Paradoxalement, c’est une pratique agricole vieille de 700 ans qui pourrait être généralisée. En Afrique de l’Ouest et en Amazonie, les terres sont fertilisées durablement depuis des siècles à l’aide de charbon et de restes de poulet, rapporte Quartz. On les appelle les terres noires en raison du charbon incorporé dans la terre. Une étude menée sur plus de 200 sites au Libéria et au Ghana pour analyser les vertus de cette pratique a confirmé une fertilité extraordinaire, durable et écologique, qui pourrait répondre aux futurs besoins en nourriture du continent. « Ce qui est le plus surprenant est qu’en Afrique et en Amazonie, ces deux communautés indigènes isolées […] étaient capables de réaliser une prouesse que les pratiques de l’agriculture moderne n’ont pas réussi à réaliser jusqu’à maintenant », a déclaré Dawit Solomon, chercheur à l’Université Cornell d’Ithaca (New-York) et co-auteur de l’étude. En effet, ces sols contiennent 200 à 300% plus de carbone organique que les autres terres, et permettent ainsi une optimisation de l’agriculture intensive sur un minimum de terrain. Ces sols piègent également le dioxyde de carbone sous terre et participent à la réduction des gaz à effet de serre.

Potentiel agricole formidable

Il faut savoir que l’Afrique a un potentiel agricole énorme, grâce à son climat et à ses vastes terres. Le continent a la capacité de se nourrir lui-même et d’exporter une partie de sa production. Selon un rapport du cabinet d’audit Pricewaterhouse Coopers, l’agriculture africaine génèrera 1000 milliards de dollars d’ici 2030. Parmi les 900 millions d’agriculteurs africains, certains travaillent dans des secteurs à forte valeur ajouté, comme le bio en Ouganda ou les fleurs au Kenya, pays qui est devenu le « jardin à fleurs de l’Europe » pour chaque Saint-Valentin et chaque fête des mères. En tout cas, et avant d’envisager nourrir le milliard d’habitants supplémentaires à venir d’ici à 2050, il faudra combler les besoins alimentaires de la population actuelle (23% des africains sont encore sous-nourris en 2015).

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