Le cactus rouge, une voie qui pourrait endiguer la faim chronique au sud de Madagascar

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Le cactus rouge peut être une solution à la faim chronique au sud de Madagascar. La valorisation de cette plante pourrait générer d’autres aliments et des revenus. Selon l’ONU, l’insécurité alimentaire coûte 1,5 milliard de dollar par an à Madagascar.

Des chercheurs malgaches suggèrent la valorisation du cactus rouge pour lutter contre la famine chronique due à la sécheresse qui frappe le sud de Madagascar de façon récurrente. « Parmi les vingt-sept espèces qui poussent bien dans cette partie de l’île, huit sont exploitables au plan industriel et se prêtent à une exploitation d’envergure », confie à scidev.net Sylvain Mahazotahy. Selon ce doctorant en biologie végétale à l’université de Toliara, le cactus rouge par exemple présente un intérêt à même d’aider les communautés rurales à vaincre l’insécurité alimentaire à laquelle elles sont régulièrement sujettes.

Holy Ranaivoarisoa, a aussi fait le même constat. Elle a présenté le 27 mai dernier à Toamasina un travail intitulé : « Valorisation de la figue de Barbarie (Ndlr : cactus rouge) et sécurité alimentaire dans le sud malgache » ; c’était à l’occasion d’un congrès international sur la nutrition. « J’ai pu observer au cours de voyages au Maroc une variété de produits à base de cette plante : cosmétiques, huile alimentaire, aliments pour bétail, etc. ; et l’huile essentielle tirée d’elle est la plus chère au monde », affirme enseignante-chercheuse à l’Ecole supérieure des sciences agronomiques à l’université d’Antananarivo. Ainsi, de par sa forte teneur en calcium, en magnésium, en vitamine C…, cette plante comestible est fortement recommandée au plan nutritionnel. Dès lors, ces chercheurs pensent que dans le sud malgache, où l’insécurité alimentaire chronique affecte près de 1,8 million de personnes dont 450 000 en insécurité alimentaire sévère, la survie tient à la consommation des fruits du cactus rouge. Pour Tsimanova Paubert, chercheur en sciences sociales basé à Ambovombe, il est possible de produire du jus naturel biologique et de la confiture de bonne qualité et bien d’autres à partir du cactus… « Il suffit de mettre en place de petites unités de transformation de façon à assurer un emploi durable pour les plus démunis », dit-il.

Conditions climatiques

Dans une telle perspective, Albert Solondray, un employé communal à Marovato Befeno, indique que « nous n’avons même pas besoin d’une demi-journée pour collecter 100 tonnes de cactus rouge si on nous demande de le faire ». Dans le Sud de Madagascar, les vraies difficultés résident dans la destruction des plantations et des cheptels à cause des conditions climatiques de plus en plus rudes. La quasi-absence de source de revenus, à l’origine de l’impossibilité pour les populations vulnérables de se procurer des denrées alimentaires, complique la situation. En conséquence, pour survivre, beaucoup bradent des biens familiaux ou migrent temporairement ou définitivement vers d’autres localités. Un exode qui accroît la vulnérabilité de ceux qui restent et qui sont en majorité les femmes, les enfants et les personnes âgées. L’adduction d’eau figure parmi les solutions préconisées. Toutefois, Adrien Rakotondrazaka, cadre au ministère malgache de la population et de la protection sociale, admet que l’eau n’est qu’une partie des solutions idoines.

Selon les Nations-unies, le coût de la dénutrition à Madagascar est estimé à plus d’un milliard et demi de dollars par an, soit 15 % du produit intérieur brut national.

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