L’UA met l’agriculture au centre des préoccupations des pays africains

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C’est à l’occasion d’une conférence de presse vendredi 15 juillet à Kigali au Rwanda, qu’en marge du 27e sommet de l’Union africaine (Ua), Rodha Peace Tumusiime, le commissaire de l’Ua chargée de l’économie rurale et de l’agriculture, a souligné que « l’agriculture est une priorité absolue » pour le continent, a noté lundi le journaldebrazza.com. En termes clairs, Rodha Peace Tumusiime, estime qu’il faut faire de ce secteur un moteur de développement économique et surtout un vecteur de lutte contre le chômage qui affecte la jeunesse africaine.

« Sans les progrès dans le secteur agricole, l’Afrique n’avancera pas », a-t-elle souligné, jugeant nécessaire que les Etats africains mettent l’accent sur la modernisation et la mécanisation de l’agriculture ainsi que la transformation des produits agricoles afin de faire de ce secteur un moteur de développement économique et surtout un vecteur de lutte contre le chômage qui affecte la jeunesse africaine. Cela permettra à la longue de maîtriser des fléaux comme l’exode rural et les autres formes de migrations aux conséquences sociales, économiques et politiques désastreuses pour le continent. Conscient de cette impérieuse nécessite, a ajouté Rodha Peace Tumusiime, que l’Union africaine accorde une importance capitale à « la déclaration de Malabo sur l’agriculture » (2014). Après la mise en œuvre du Protocole de Maputo débuté en 2003, les chefs d’Etats et de gouvernement de l’Union africaine ont adopté en juin 2014 lors de leur 23e sommet cette déclaration. La déclaration vient renforcer le Programme détaillé de développement de l’agriculture africaine (Pddaa) qui soutient la réforme du secteur agricole. Ce programme préconise 6% de croissance annuelle pour le PIB agricole et recommande une allocation minimale de 10% des dépenses publiques dans le secteur agricole. A travers cette déclaration, les dirigeants africains reconnaissent ainsi que « l’amélioration du rendement agricole permet de favoriser la croissance et la réduction de la pauvreté » vu son impact direct sur la création d’emplois et d’opportunités en particulier pour les femmes et les jeunes, la sécurité alimentaire et l’amélioration de la nutrition et le renforcement de la résilience.

Rodha Peace Tumusiime a aussi invité les décideurs à impliquer davantage les femmes dans le secteur agricole. A son avis, cela est indispensable pour atteindre les objectifs et les engagements pris par les chefs d’Etat, en 2003 à Malabo (Malabo), pour la transformation de l’agriculture africaine et éradiquer la faim sur le continent d’ici à l’horizon 2025. Une implication qui, selon Rodha Peace Tumusiime, passe par l’accès des femmes à la propriété foncière. Elle a appelé les autres pays africains à prendre l’exemple sur le Rwanda où « les femmes accèdent aisément » à la propriété foncière au même titre que les hommes. Malgré les ambitions et la pertinence des programmes et initiatives, la commissaire de l’Union africaine a averti que le secteur agricole africain est très menacé par le changement climatique, notamment El Niño. Elle a rappelé que cette année, l’Afrique australe est en proie à une terrible sécheresse qui s’est amplifiée et intensifiée depuis le début de la campagne agricole 2015-2016 sous l’effet d’un des plus violents phénomènes. Ainsi les pertes de récoltes ont été considérables à l’échelle régionale où le nombre de personnes victimes d’insécurité alimentaire ne cesse de croitre. A cause du phénomène, de plus en plus de paysans africains ont besoin d’une aide humanitaire d’urgence pour protéger leurs moyens de subsistance (semences) et la consommation des ménages. Les agences alimentaires des Nations unies (PAM, FAO et FIFA) estiment que plus de 60 millions de personnes dans le monde, dont environ 40 millions en Afrique orientale et australe, pourraient être en situation d’insécurité alimentaire à cause des effets du phénomène climatique El Nino.

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