En marge de la COP22, Marrakech a accueilli le Forum africain des énergies renouvelables

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L’Afrique est le continent qui émet le moins de gaz carbonique. Pourtant, elle en subit le plus les conséquences. Ce paradoxe motive, à quelques mois de la COP22, Marrakech abrite le Forum africain des énergies renouvelables.

Dans le cadre des préparatifs de la COP22 de Marrakech, en novembre prochain, un Forum africain des énergies renouvelables s’est tenu, pendant deux jours, à Marrakech. Une occasion pour les spécialistes de partager leurs expériences. Il a été ouvert par le premier ministre de Guinée équatoriale. Selon Francisco Pascual Obama Asue, le thème est opportun à quelques mois de la COP22 où l’Afrique, moins émettrice de gaz à effet de serre, subit beaucoup plus le dérèglement climatique. II a salué les multiples initiatives prises par le gouvernement marocain pour résoudre le déficit énergétique. « Nous devons investir dans le développement durable pour réduire la pauvreté et créer des emplois ; d’où l’urgence de renforcer les capacités des cadres africains », a dit le représentant de la Guinée équatoriale au journaliste de lesoleil.sn. Pour sa part, le directeur de l’Agence marocaine de l’énergie solaire, Moustapha Bakoury, a demandé à ce que les propositions se transforment en actes concrets, rappelant les propos du roi Mohammed VI qui disait, à Bamako, que « l’Afrique doit faire confiance à l’Afrique ». Le Maroc, a-t-il ajouté, a fait un choix volontariste, sous la direction du roi, pour développer l’énergie solaire et l’économie verte. Dans son intervention, Hassan Adoum Bakhit Haggar, commissaire de la Cemac en charge des infrastructures et du développement durable, a remercié les organisateurs pour cette belle initiative de créer un élan commun pour aboutir à une économie sobre en carbone. A son avis, le développement des énergies renouvelables est un des moyens les plus évidents pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. « Il y a quelques années encore, le sujet aurait été considéré comme une réflexion des experts du domaine. Mais, aujourd’hui, la question est devenue une préoccupation mondiale. C’est pour dire que le sujet doit être traité dans toutes ces dimensions et prendre en compte toutes les politiques énergétiques dans nos pays et espaces économiques », a-t-il souligné. Il est d’avis que ce forum constitue une opportunité d’échanges pour l’Afrique, continent le moins électrifié du monde. Sur le cas de la Cemac, une sous-région dotée du plus grand potentiel hydroélectrique africain, avec 650 milles Kwh/an, l’Afrique centrale demeure la partie la moins électrifiée de toutes les sous-régions d’Afrique et affiche, entre autres, des indicateurs décevants en la matière. Selon lui, le taux de production annuelle est d’environ 4 % contre 60 % en Afrique australe. Il a révélé que le niveau de la consommation par habitant se situe aux alentours de109 Kwh/Hbt/an contre 740 en Afrique du Nord et 1600 en Afrique australe. Il a reconnu que de nombreux obstacles entravent le développement du secteur électrique, notamment sur les plans des infrastructures et financier.

Moctar FICOU / VivAfrik

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