40% des interventions de la BAD sont consacrés au secteur énergétique marocain, dixit Akinwumi Adesina

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Pour sa première visite officielle au Maroc en marge de la 2e assemblée générale du Fonds Africa50, Akinwumi Adesina, le président du groupe de la Banque africaine de développement (Bad), confirme les engagements de la Banque sur le marché local.

A l’en croire, sur les 4 dernières années, près de 65% des interventions de la Banque africaine de développement sont allés vers les secteurs de l’énergie et des infrastructures. Dans la nouvelle feuille de route en préparation pour la période 2017-2022, l’institution financière panafricaine compte capitaliser sur les acquis et reconduire ces secteurs prioritaires, avec un accent particulier qui sera mis sur l’industrie, l’agriculture, l’eau et l’assainissement. La banque s’est hissée à la 3e place des principaux bailleurs de Fonds du Maroc, après l’UE et la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (Bird-Groupe Banque mondiale), indique-t-il dans leconomiste.com.

Le Maroc est l’un des principaux bénéficiaires des opérations de la BAD en Afrique. Justement, qu’est-ce qui fait du Royaume un bon client pour la Banque?

Le Maroc est un bon client de la BAD parce qu’il est l’un des principaux actionnaires. Ce qui prouve, au passage, une réelle confiance en la Banque et sa stratégie, en termes d’investissement. Deuxièmement, le niveau de nos engagements dans ce pays, dans la mesure où le Royaume nous accompagne en termes d’impacts et de rentabilité de nos interventions dans ce pays. Nous avons déjà investi 7,8 milliards de dollars au Maroc depuis le lancement de nos activités au Maroc. Rien que sur les 4 dernières années nous avons investi quelque 2,8 milliards de dollars (20,7 milliards de DH pour 32 projets et programmes). 40% de ces engagements sont dans le secteur énergétique. Le complexe Noor Ouarzazate, par exemple, est parmi les derniers projets majeurs en date soutenus par la banque. 25% sont orientés vers les infrastructures, à travers la participation au financement du complexe portuaire de Nador West Med, par exemple, ainsi que l’accompagnement de la nouvelle phase du Projet de renforcement de l’infrastructure ferroviaire sur l’Axe Tanger-Marrakech.

Nous avons l’impression que la Banque reste focalisée sur ces deux derniers secteurs…

Absolument pas. Nous maintenons parallèlement une forte contribution sous forme d’appui aux réformes économiques et sectorielles, par exemple, à travers l’agriculture et le Plan Maroc Vert. Les projets et programmes en cours d’instruction visent aussi les secteurs de l’eau potable et de l’assainissement. Tout cela fait de notre portefeuille au Maroc l’un des plus performants dans le continent, aussi bien en engagements qu’en taux de décaissement. Cela prouve aussi que le groupe de la BAD et l’Etat marocain sont sur la même longueur d’onde en termes de priorités stratégiques de développement pour le Royaume, mais aussi pour l’Afrique.

Quelles sont les priorités de la nouvelle feuille de route en négociation?

Nous avons procédé à une revue de mi-parcours du cycle d’interventions 2012-2016 et sommes effectivement en train de travailler sur un nouveau programme pour la période 2017-2022. Ce sera la 2e grande phase de nos opérations sur ce marché. Nous avons déjà examiné avec le gouvernement marocain les orientations à retenir. Elles ne devraient pas beaucoup changer. Nos priorités communes resteront l’énergie, les infrastructures, l’industrialisation, l’agriculture, ainsi que la création d’emplois pour les jeunes. Sur le secteur agricole, en particulier, j’ai proposé que la banque puisse soutenir la création d’un fonds de private equity spécialisé, pour booster le Plan Maroc Vert. J’ai aussi suggéré aux autorités marocaines de faire de l’OFPPT un centre d’excellence à dimension continentale, au profit des ressources humaines de toutes les économies du continent. Ce sont là quelques exemples d’initiatives et de projets sur lesquels le groupe de la BAD et l’Etat marocain pourraient collaborer.

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