De nombreuses familles mauriciennes réclament des terres exploitées par des compagnies sucrières depuis 3 siècles

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Leur combat pour retrouver la propriété des terres dont ils ont été dépossédés depuis les années 1700 semble désespéré mais ils sont déterminés à vaincre. Réunis autour d’un collectif représenté par Danielle Tancrel, Didier Kisnorbo et Raymonde Bisset, des héritiers continuent de dénoncer leur situation que consolide l’indifférence gouvernementale.

« La faute et le crime sont connus et confirmés par la Commission Vérité et Justice : des familles mauriciennes ont été dépossédées de leurs terres à différents moments de l’histoire du pays et plus particulièrement durant la période post-esclavage par l’industrie sucrière en différents endroits. La Commission Vérité et Justice met en cause les prescriptions abusives qui ont eu lieu avec la complicité de notaires véreux de l’époque », dénonçait en 2014 l’ancien journaliste Jean Clément Cangy dans les colonnes de Forum, cité par Ecofin. « S’il peut paraître difficile aujourd’hui de restituer physiquement les terres en question à toutes ces familles qui demandent réparation, rien n’empêche l’Etat mauricien d’obliger l’industrie sucrière à négocier avec  toutes ces familles en vue d’éventuels dédommagements, et qui, sans doute, verraient d’un bon œil une telle démarche », analyse-t-il.

En 2009, les plaignants semblaient en effet être au bout de leurs peines avec la mise sur pieds d’une Commission Vérité et Justice. Après avoir enquêté sur des centaines de cas, elle a rendu un volumineux rapport qui fixe les responsabilités d’une quinzaine de compagnies telles que Medine Sugar Estate, Fuel Sugar Estate (devenue Alteo), ou encore Mon désert mon trésor Ltd. Ce rapport préconisait de nombreuses mesures pour améliorer la gestion foncière de l’archipel et rétablir les plaignants dans leurs droits. Il prévoyait notamment la mise sur pied d’une unité de gestion et de suivi des transactions foncières qui aurait entre autres prérogatives de recevoir les plaintes et de poser des garde-fous. Sur le volet judiciaire, le rapport demandait la création d’une division gestion foncière à la Cour suprême ou, à défaut, d’un tribunal spécialement habilité à cette fin.

La Commission recommandait également que les anciennes puissances coloniales, en l’occurrence le Royaume-Uni et la France, participent financièrement à l’effort de dédommagement et de réparation en direction des familles les plus démunies. Mais cinq ans plus tard, ces recommandations sont demeurées lettre morte. Une inertie qui a poussé ces familles à adresser le 12 juillet 2016 une lettre au directeur général de l’Unesco pour solliciter l’aide de la communauté internationale.

Moctar FICOU / VivAfrik

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