Les producteurs burkinabés déçus par le coton issu des OGM

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Si certains pays du continent ont depuis longtemps cédé aux sirènes de l’agrobusiness, d’autres font machine arrière, comme le Burkina Faso, déçu par la piètre qualité du coton transgénique.

Ousmane Tiendrébéogo est producteur de coton au Burkina Faso. Cette semaine, il a délaissé son exploitation pour témoigner, aux côtés de victimes du monde entier au tribunal international Monsanto. Un rendez-vous qu’il attend depuis plus d’un an. «Nous allons dire la vérité à tout le monde, raconter comment nous avons vécu l’impact des OGM sur la vie des paysans et tous les désagréments que nous avons constatés», se plaint-il dans les colonnes de liberation.fr. Ces «désagréments», Tiendrébéogo, en tant que fondateur du Syndicat national des travailleurs de l’agropastoral (Syntap) – organisation créée en 1998 pour lutter contre les accaparements de terres et de semences et contre les OGM – peut en témoigner. Introduit en 2008 sous le régime de Blaise Compaoré, le coton transgénique est en effet loin d’avoir tenu ses promesses. Depuis 2015, les agriculteurs dénoncent des rendements décevants et une fibre plus courte qu’avec le coton conventionnel. Résultat : le coton burkinabé, jadis réputé pour sa qualité, se vend moins bien sur le marché international et a même perdu son label. «C’est un pan important de notre économie qui s’écroule», déplore Tiendrébéogo.

En avril, le Burkina Faso a créé la surprise en annonçant qu’il renonce aux cultures de coton Bt. Les trois sociétés cotonnières du pays (Sofitex, Socoma et Faso Coton) prévoient de réduire les surfaces pour atteindre un retour complet au coton conventionnel pour la saison 2017-2018. L’association interprofessionnelle du coton au Burkina (Aicb) réclame à la multinationale 48 milliards de francs CFA (73 millions d’euros). Soit le manque à gagner de cinq ans de production.

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