La productivité agricole en Afrique stagne à cause du faible niveau de mécanisation

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Malgré son potentiel, l’agriculture africaine reste peu productive. L’une des explications se trouve dans la faible mécanisation du secteur. Cette problématique a été au cœur d’un atelier sous-régional organisé par le ministère de l’Agriculture et de l’Equipement rural, en partenariat avec la fondation Syngenta et le Hub Rural.

Si l’on se fie au quotidien lesoleil.sn, l’Afrique abrite 65 % des terres non encore cultivées et dispose de grandes réserves d’eau. Pourtant, elle est la seule région du monde où la productivité agricole est restée stagnante depuis les années 1960. En 2014, la production moyenne de céréales du continent est à près de 1,5 tonne par hectare contre une moyenne mondiale de 3,6 tonnes, selon la Fondation Syngenta, une organisation qui s’investit pour une agriculture durable. Ces chiffres sont sortis, au cours des débats de l’atelier sous-régional sur le thème : « Transformer l’agriculture ouest-africaine par le développement de la mécanisation : quelles politiques publiques » ? La faible mécanisation de l’agriculture africaine notamment au sud du Sahara, y est pour quelque chose. En effet, selon le directeur de cabinet du ministre de l’Agriculture et de l’Equipement rural, Lamine Lô qui a repris les statistiques de la FAO, au cours des quarante dernières années, le parc de tracteurs à quatre roues de l’Afrique subsaharienne a peu évolué en comparaison avec le reste du monde. En Asie, le nombre de tracteurs a été multiplié par 5 entre 1961-1970 et avoisine 6 millions d’unités en 2000. Il n’a cessé d’augmenter depuis, en particulier en Inde où il a atteint 2,6 millions d’unités. En Chine, on dénombre plus de 2 millions d’unités, en 2008. En Amérique latine et dans les Caraïbes, le nombre a triplé entre 1961 et 1970 pour atteindre 1,8 million d’unités, en 2000. Au Proche-Orient, le nombre de tracteurs a doublé entre 1961 et 1970 pour atteindre 1,7 million d’unités. Dans la même période, en Afrique subsaharienne, le nombre de tracteurs en service est estimé à 220.000 unités, en 2000.

Des efforts encore insuffisants

Pourtant, de l’avis de Youssou Diagne, coordonnateur de la Fondation Syngenta au Sénégal, l’expérience de certains pays en développement montre que l’agriculture peut être transformée en une activité agro-industrielle rentable. Mais il faudrait que les efforts consentis par les pays de l’Afrique de l’ouest soient accentués. « Il y a encore des efforts à faire dans les pays représentés à cet atelier. En effet, les données compilées par notre Fondation montrent que quatre des six pays représentés dépensent près d’un dollar par hectare et par an en machines agricoles pour la préparation des sols et la culture. Du coup, la pauvreté persiste dans nos zones rurales. Pour renverser cette tendance lourde, il est urgent de rendre plus attractif le secteur agricole », a-t-il affirmé. Malgré ce constat, M. Diagne salue les choix politiques adoptés par les pays d’Afrique de l’ouest d’orienter, en priorité, des investissements conséquents dans le secteur agricole. « Cela est absolument justifié car la majeure partie de notre population réside en zone rurale. En plus, il est reconnu que les investissements dans le secteur agricole sont productifs comparés aux autres secteurs dans la contribution de l’agriculture au PIB et le potentiel d’emplois qu’il peut générer dans notre pays », a-t-il argué.

Moctar FICOU / VivAfrik

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