Le Sénégal abritera « le Forum mondial de l’eau en 2021 », dixit Mansour Faye

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« Les pays membres du Conseil des gouverneurs et du Conseil mondial de l’eau ont élu la capitale de Dakar et le pays du Sénégal pour accueillir le 9ème Forum mondial de l’eau en 2021. La sélection a suivi un processus d’évaluation rigoureux. La candidature de Dakar a été approuvée à l’unanimité par le vote réalisé lors de la 69ème réunion du Conseil des gouverneurs tenue à Marseille. Le thème du 9ème Forum mondial de l’eau sera « La sécurité de l’eau pour la paix et le développement » a informé hier le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement.

Mansour Faye s’exprimait lors de la cérémonie de présentation du bilan des réalisations et perspectives pour un accès universel à l’eau potable et à des systèmes d’assainissement adéquats à Dakar, dans un hôtel de la place. A l’en croire, le Sénégal a été choisi pour son programme mais aussi et surtout pour les performances considérables qu’il a réalisé en matière d’accès à l’eau potable et à des systèmes d’assainissements adéquats. En effet, explique-t-il, « l’avènement du président Macky Sall a vite fait d’impulser une nouvelle dynamique qui a permis au ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement d’atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement (Omd) avec des taux qui avoisinent l’universel à Dakar, 88,2% pour la zone péri-urbaine et rural de Dakar et 79,2% pour les centres urbaines de l’intérieur. En milieu rural, le taux d’accès amélioré global à l’eau potable était en 2015 à 88,6% contre 81,1% en 2011 ; ce qui donne une progression satisfaisante de l’accès à des points d’eau modernes avec une hausse de 2,5 points ».

Parlant des fonds mobilisés pour ces réalisations, le ministre de l’Hydraulique Et de l’Assainissement affirme que, pour le sous-secteur de l’hydraulique urbaine, le gouvernement a « mobilisé presque 427 milliards entre 2015 et 2016 ». Ajoutant qu’au chapitre de l’hydraulique rural, « entre 2012 et 2016, nous avons réceptionné à travers les différents projets, incluant les deux premières phases du Programme d’urgence de développement communautaire (Pudc) au moins 400 000 systèmes d’adduction d’eau ». Selon Mansour Faye, l’Etat projette, d’ici à 2021, de réaliser et de renforcer au moins 800 systèmes d’adduction d’eau en milieu rural. Le défi principal étant d’atteindre l’universalité conformément à l’invite du nouvel agenda pour les Objectifs du développement durable (Odd). Poursuivant son speech, M. Faye laisse entendre que la formation des professionnels est envisagée. « Et parallèlement à ses investissements massifs, l’Etat, à travers l’Office des forages ruraux (Ofor) mis en place en 2014, est en train de professionnaliser et de moderniser la gestion du service public de l’eau potable en milieu rural avec une implication optimale du secteur privé tout en maîtrisant un niveau de tarification soutenable ».

Concernant l’assainissement urbain, depuis 2012, le Sénégal a réussi, pour « un sous-secteur traditionnellement laissé en rade », à mobiliser au moins 508 milliards FCFA pour les projets couvrant la période 2012-2022. « Vous constatez là que ce montant est sans commune mesure avec les 145 milliards FCFA mobilisés en 1996, année de la mise en place de l’ONAS et 2012 », se réjoui le ministre. Qui avoue que le gouvernement compte porter la capacité de traitement de la station de Cambérène de 19 000 m3/j à 92 000 m3/j. A son avis, à cette prouesse, s’ajoute « le projet d’assainissement de la Corniche Ouest où nous allons installer une station de traitement des eaux usées d’une capacité de 60 000 m3/j tout en se souciant des études d’impacts environnementales sans compter le grand projet d’assainissement des dix villes de l’intérieur », détaille Mansour Faye. Concluant qu’en milieu rural, sur la période 2017-2021, l’Etat sénégalais projette de mettre en œuvre de grands projets qui vont permettre au pays de mettre en place au moins 120 000 systèmes d’assainissement individuel au niveau des ménages.

Le coordonnateur du Programme eau potable et assainissement du millénaire (Pepam), Amadou Diallo, a pour sa part mis l’accent sur la coopération régionale sur l’eau lors de son intervention. Si l’on se fie à ses dires, cette coopération occupe une place de choix dans la politique de gestion des bassins frontaliers. Dans le cadre de l’Organisation pour la mise en valeur des bassins des fleuves Sénégal et Gambie (Omvs et Omvg), Amadou Diallo argue que « le Sénégal collabore avec ses voisins suivant une approche d’intégration régionale basée sur le partage des bénéfices tirés de l’aménagement concerté et commun des cours d’eau, perpétuant ainsi des relations multiséculaires établies entre les communautés vivant le long des rives », explique M. Diallo. A l’en croire, l’Omvs constitue un success story et un modèle réussi de gestion commune des ressources en eau de bassin transfrontalier qui couvre quatre Etats membres à savoir la Guinée, le Mali, la Mauritanie et le Sénégal. Cette coopération vise également l’amélioration de l’accès à l’énergie hydroélectrique et à des coûts raisonnables. Ce qui explique à ses yeux, la construction des barrages de Gouina (140 MW). Les travaux ont démarré depuis 2006 et prendront fin en 2020, c’est le 4ème barrage de l’Omvs après (Diama, Manantali et Félou) et le barrage de Koukoutamba (280 MW) estimé à 548 millions d’euros. « D’autres barrages verront le jour comme celui de Gourbassy 18 MW, celui de Bouréya 114 MW et le barrage de Balassa 180 MW », dira le coordonnateur du Pepam qui confirme la tenue, en 2021, au Sénégal, du 9ème Forum mondial sur l’eau.

Moctar FICOU / VivAfrik