Des scientifiques établissent un lien entre déforestation et Ebola

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Des scientifiques italiens, américains et néo-zélandais ont étudié 11 cas de personnes ayant contracté le virus Ebola entre 2004 et 2005. Il s’agit des 11 premiers malades déclarés, les fameux « malades zéro », en Guinée, au Sud-Soudan, en Ouganda, au Congo – oui, la précision vient d’eux! – et en République démocratique du Congo. Tous ces malades, ont-ils conclu, dégagent un point en commun en plus de la maladie elle-même : c’est que la maladie s’est développée dans des zones où les espaces arborés sauvages sont au plus près de ceux qui sont domestiqués, ont-ils avoué dans les colonnes d’adiac-congo.com.

Surtout, les zones domestiquées par l’homme comportaient des espèces végétales fruitières. Cela vaut ce que les scientifiques en disent, mais il semblerait que la déforestation soit un point qui a favorisé le rapprochement du virus Ebola avec l‘homme. Comment ? La Dr Maria Cristina Rulli du Département d’ingénierie civile et environnementale de la Polyclinique de Milan et ses collègues de l’Université de Massey, en Nouvelle Zélande, et de l’université de Berkley, en Californie, aux Etats-Unis expliquent assez clairement le lien entre la forêt et la propagation du mal. Ils affirment avoir noté l’irrégularité dans la déforestation des zones de contamination. C’est, croient-ils savoir, la destruction de l’environnement primaire qui a poussé aussi bien les singes porteurs du virus que les chauves-souris à se rapprocher des aires colonisées par l’homme, pour leurs fruits. Ce contact aurait fini par infecter un premier humain, qui en a infecté d’autres. Plausible ou non, cette thèse confirme que le bassin du virus est bien dans les animaux qui l’ont transmis aux hommes. « Nous avons analysé l’impact qu’un type de déforestation a sur ce type d’épidémies. Nous avons noté que dans les aires intéressées, il n’y a pas eu une déforestation quantitative majeure par rapport à la moyenne de l’Afrique Centrale », a affirmé la Dr Monia Santini, spécialiste italienne de l’impact de l’agriculture, les forêts et les écosystèmes à l’université de Viterbe.

Les 11 malades zéros analysés proviennent tous de zones où la déforestation est particulièrement fragmentée. Cela crée une augmentation de la probabilité que les populations riveraines aient été au contact des chauves-souris qui se nourrissent de préférence des fruits.

Moctar FICOU / VivAfrik

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