« Le Sénégal célébrera la Journée mondiale de l’eau à Thiès dans le cadre du programme des 10 villes », dixit Abdou Diouf

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A l’instar de la communauté internationale, le Sénégal célébrera la journée mondiale de l’eau ce mercredi 22 mars 2017 à Thiès dans le cadre du programme des 10 villes que l’Office national de l’assainissement du Sénégal (Onas) est en train de lancer dans cette région. Les échanges s’articuleront autour du thème suivant : « Les eaux usées ». Dans une interview accordée à VivAfrik, à quelques jours de cette date, le secrétaire exécutif de Eau-vie-environnement (Eve), une association de droit sénégalais à but non lucratif devenue ONG national en février 2017 est revenu sur l’importance de cette journée pour notre pays. Abdou Diouf a également énumérer les grands  projets créés par le Sénégal dans le domaine de l’accès et de la distribution de l’eau potable mais aussi dans l’assainissement.

Chaque année, la communauté internationale célèbre la Journée mondiale de l’Eau. Le Sénégal a-t-il inscrit cette journée dans son agenda le 22 mars prochain ?

Le Sénégal joue un rôle prépondérant dans le domaine de l’accès à l’eau potable. C’est la raison pour laquelle notre pays a atteint l’Objectif du millénaire pour le développement (Omd) ayant trait à l’accès à l’eau potable. Donc vous comprendrez aisément que le Sénégal ne peut pas se soustraire à cette célébration. Cette année, le thème de la Journée sera « Les Eaux usées » et le Sénégal s’est inscrit dans cette thématique et va la célébrer dans la région de Thiès dans le cadre du programme des 10 villes que l’Office national de l’assainissement du Sénégal (Onas) est en train de lancer. Je rappelle que les Eaux usées sont une dimension de la gestion des ressources en eau car 80% de l’eau que consommons est ensuite rejetée dans la nappe ou bien dans le système de traitement des Eaux usées. Donc, prendre les « Eaux usées » comme thème aujourd’hui, c’est plus que nécessaire. Si l’on sait que de plus en plus il y a des initiatives en matière de traitement de ces eaux pour leur réutilisation dans les domaines de l’agriculture, des réseaux et de la voirie mais si l’on sait aussi qu’une mauvaise gestion des Eaux usées peut être à l’origine de maladies avec tout ce que l’on sait du mal assainissement : un frein au développement. La communauté internationale est donc dans une logique de hisser les questions d’assainissements à un niveau de plus en plus important. Retenez qu’à la fin de l’année 2015, concernant l’assainissement, le Sénégal n’avait pas atteint son Omd. En optant pour les Eaux usées, la communauté internationale est certainement dans la logique d’inciter les acteurs y compris les acteurs étatiques à davantage prendre en compte les questions d’assainissement comme une priorité. Au Sénégal particulièrement, les autorités sont invitées à dotées plus de moyens à l’Onas afin de pouvoir consentir les mêmes efforts dans le sous-secteur de l’accès à l’eau potable que dans celui de l’assainissement.

Pensez-vous que le sous-secteur de l’assainissement est aussi attractif que celui de l’accès à l’eau potable ?        

Il faut cependant reconnaître que le travail n’est pas facile parce que, comme vous le dites, l’assainissement n’est pas aussi attractif que l’eau pour susciter un intérêt de la part des acteurs économiques qui, peut-être, ne perçoivent pas tout de suite le caractère rentable de l’investissement et même les Etats qui sont les premiers investisseurs dans ce domaine. A Eve, le travail que nous faisons en partenariat avec l’Eta, via l’Onas et l’ONG Oxfarm avec l’appui de la Fondation Bill et Melinda Gates, nous avons développés des technologies d’assainissement innovant dans les zones d’inondation au niveau de la banlieue de Dakar à travers des prototypes qui ont été proposés par des concepteurs et que l’Office national de l’assainissement du Sénégal teste sur le terrain. Pour le faire, il s’appuie sur Oxfarm et Eve en tant qu’opérateur de mise en œuvre mais également avec d’autres partenaires qui interviennent dans ce volet.

Parlez-nous des grands projets créer par le Sénégal pour assurer une bonne amélioration de l’accès et de distribution de l’eau potable ?

En matière d’accès à l’eau potable, beaucoup de choses ont été faites ici au Sénégal ces 20 dernières années. Le pays a pu réaliser beaucoup de programmes liés à l’amélioration de l’accès à l’eau potable. De 1990  à 1996, il y avait le Projet sectoriel eau (Pse), conçu dans le but de renforcer la production d’eau potable dans la région de Dakar. Le travail est ensuite orienté vers l’amélioration de la performance des structures en charge de la gestion des ressources eau notamment le Service de gestion et de planification des ressources en eau (Sgpre) qui est devenu plus tard la Direction de gestion et de planification des ressources en eau (Dgpre). Cette étape est suivie par la réforme de l’hydraulique urbaine qui a encouragée la dissolution de l’ex Société nationale d’exploitation des eaux du Sénégal (Sonees) et la création de trois entités : la Société nationale des eaux du Sénégal (Sones), la Sénégalaise des eaux (Sde) et l’Office nationale de l’assainissement du Sénégal qui s’occupent de différents aspects de la production de l’eau potable et de l’assainissement. Le projet sectoriel eau (Pse) avait aussi un volet branchements sociaux qui permettait aux populations démunies d’avoir un branchement particulier avec une subvention de l’Etat. Cela va être renforcé par des programmes connexes comme des Projets de nutrition communautaire (Pnc) que le pays a aussi exécuté entre 96 et 2000 où il y avait un important volet d’adduction en eau potable. Le Projet d’approvisionnement en eau, d’assainissement et de l’hygiène que l’UNICEF a appuyé et qui a été réalisé dans 11 centres secondaires du pays a, lui aussi, été mis en place. Ensuite, le Projet eau à long terme avait aussi été une vision bénéfique pour l’Etat après sa création. Celui-ci incluait un grand volet d’infrastructures hydrauliques qui a pu également aidé à renforcer la capacité de production en eau potable. Il y a également le Programme hydraulique Ndiosmone-Palmerin qui est un programme d’adduction d’eau potable à partir du grand forage situé dans la zone de Mbour. Les Projets d’amélioration de la qualité de l’eau ne surtout pas en reste. La Sones a, à cet effet, installé dans la zone de Thiadiaye, une usine pour améliorer une bonne partie de la qualité de l’eau qui est tirée de la nappa, donc toute chose qui contribue à l’amélioration de l’accès à l’eau potable des populations. A ces projets, il faut ajouter le Programme de réalisation de forages ruraux qui ont été développés avec l’appui de l’Union économique et monétaire ouest-africain (Uemoa). En même temps, il y a des coopérations techniques comme la coopération technique belge qui a appuyé la Sénégal dans la réalisation d’infrastructures hydrauliques au niveau du Bassin arachidier avec différents projets qui se sont succédés dans le temps. Il y a une quinzaine d’années, le Sénégal a pu systématiser dans le cadre du PEPAM, clôturé en fin 2016, des revues annuelles conjointes pour faire le point de l’état d’exécution des projets et programmes d’eau potable et d’assainissement et de la contribution des partenaires. On parle aujourd’hui de la deuxième génération de réforme de l’hydraulique urbaine pour justement davantage adresser la problématique de l’eau potable dans la perspective des Objectifs du développement durable (Odd). Et quand on prend le Plan Sénégal émergeant (Pse), qui reprend le secteur eau potable-assainissement, les orientations stratégiques définies dans la stratégie nationale de développement économique et social, on se rend compte que le Sénégal s’achemine plus vers la gestion intégrée des ressources en eau qui est une démarche assez inclusive de gestion de l’eau et qui est inspirée des actions menées depuis déjà une dizaine d’années, le Sénégal étant doté depuis décembre 2007 d’un plan d’action de gestion intégrée des ressources en eau.

Moctar FICOU / VivAfrik

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