L’Afrique orientale et australe déroule le tapis rouge aux OGM

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Le Marché commun pour l’Afrique orientale et australe (Comesa) se dit prêt à développer et importer des organismes génétiquement modifiés (Ogm).

L’information a été donnée par le haut conseiller à la politique des biotechnologies du Marché commun pour l’Afrique orientale et australe (Comesa). Getachew Belay vient en effet  d’estimer que ce bloc commercial, le plus grand d’Afrique, disposait  d’experts et de laboratoires pour tester les OGM. « Notre région dispose  de scientifiques formés et certains travaillent actuellement sur d’autres continents en raison du manque de systèmes sophistiqués de développement des biotechnologies », a déclaré à Nairobi Getachew Belay, cité par l’agence Xinhua et relayé par afrique.lepoint.fr. Selon M. Belay, les 19 membres de la Comesa prennent très au sérieux les biotechnologies en mettant en place des infrastructures conformément aux recommandations du protocole de  Carthagène. Comme principal objectif de leur coopération en la matière, les pays de la Comesa travaillent à créer un environnement favorable pour l’investissement extérieur, qu’il soit transfrontalier ou national. Conséquence : la recherche est assurée en commun dans le souci d’une meilleure des sciences et technologies au développement. « Le Comesa va fournir une opinion technique sur la biosécurité des OGM cherchant à être commercialisés dans la région, ce qui peut servir aux différents pays pour prendre des décisions dans leur propre cadre réglementaire, ainsi qu’un mécanisme harmonisé de processus de décision touchant la plantation commerciale, le commerce d’OGM et l’aide alimentaire à teneur en OGM dans la région Comesa », a poursuivi Getachew Belay. Le Comesa a aidé les États membres à mettre en commun et à construire ses capacités en matière d’évaluation et de gestion du risque. Il a également mis en place un mécanisme régional interactif de partage d’informations sur les questions de biosécurité et de  biotechnologies.

Pour la directrice des services internationaux pour l’acquisition d’applications d’agro-biotechnologies (Isaaa) de la Comesa, Margaret Karembu, « plusieurs pays tiraient des bénéfices des biotechnologies, mais les pays africains restaient à la traîne en raison de leur environnement politique et réglementaire imprévisible dans le soutien à la recherche de biotechnologies ». « Des procédures réglementaires coûteuses associées à une mauvaise communication sur ces technologies sont responsables de la lenteur de l’adoption de cette  technologie en Afrique », a-t-elle en sus observé. Sinon, qu’en est-il de la situation de certains pays ? Le Soudan est le seul de la région qui cultive actuellement des OGM. Il dispose de 100 000 acres bénéficiant de ces cultures depuis l’introduction de cette technologie en 2012. Actuellement, 97 % des agriculteurs cultivent la variété OGM. Quant au Kenya, au Swaziland, à l’Ouganda et au Malawi, ils en sont au stade du test en confinement pour le coton génétiquement modifié, le maïs génétiquement modifié aussi, le manioc et les patates douces résistant aux virus, la banane au flétrissement bactérien, et le maïs économe en eau et résistant à la sécheresse.

Moctar FICOU / VivAfrik

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