Journée mondiale de l’eau : Conakry traine le pas

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L’humanité a célébré hier, mercredi 22 mars 2017, la Journée mondiale de l’eau. Mardi, un des reporters de guineematin.com a fait un tour à Hamdalaye, un quartier situé dans la commune de Ratoma, où l’eau continue d’être une denrée rare pour la population.

Qualifié de château d’eau de l’Afrique de l’Ouest, la Guinée continue de manquer cruellement d’eau. De notre constat à Hamdalaye, il ressort que près de la quasi-totalité des habitants de ce quartier, situé en haute banlieue de Conakry, n’ont pas accès à l’eau potable venant de la Société générale des eaux de Guinée (Seg). C’est à l’image de Aissatou Lamarana Diallo, rencontrée à Hamdalaye, secteur 1, qui dit avoir un robinet à son domicile mais non alimenté depuis 3 ans. « J’ai un robinet qui ne travaille pas depuis 3 ans, je suis obligée de puiser l’eau du puits, filtrer avant de boire. Ce qui nous prend parfois beaucoup de temps », a-t-elle fait savoir.

Un seul forage pour un secteur

À Hamdalaye secteur 2, là aussi, le constat est le même, il n’y a qu’un seul forage construit par un particulier. Et, c’est là où presque tous les habitants du secteur s’approvisionnent en eau potable. Pour Bah Mamadou Cherif, un jeune citoyen résident à Hamdalaye secteur 2, non loin de cet unique forage, cette rareté de l’eau entraîne parfois des attroupements et des altercations entre les personnes parfois issues d’une même famille lorsqu’elles viennent pour puiser de l’eau au forage. « Les population du quartier, du secteur plus particulièrement, ont du mal à gagner très tôt et facilement de l’eau. Il faut former des rangs et des rangs et parfois il faut venir à 4 heures du matin pour espérer avoir de l’eau. Et nous qui sommes à côté, on a du mal à dormir bien, puisqu’il y a des dérangements à ces heures tardives », déplore Bah Mamadou Chérif. Par ailleurs, ce citoyen de Hamdalaye a exhorté l’Etat, notamment la Seg, à tout mettre en œuvre pour aider les populations de la haute banlieue, notamment ceux de son quartier, à avoir de l’eau dans les robinets. « Je ne dirais pas que l’eau du forage n’est pas une eau aussi potable, parce qu’elle provient des profondeurs, mais ce n’est pas une eau traitée, contrairement à l’eau de la Seg qui est traitée. Donc, l’Etat a une faiblesse de ce côté, et ce n’est pas ici seulement vous en connaîtrez aussi dans certains quartiers où certains ne gagnent même pas cette eau de forage », a-t-il expliqué. Une responsable de la Société des eaux de Guinée (Seg) que nous avons essayé d’approcher afin d’avoir des explications sur les vraies raisons de ce manque d’eau dans certains quartiers de Conakry, n’a pas voulu communiquer, indiquant que la Direction générale le fera  « certainement » mercredi 22 mars 2017.

À rappeler que le 28 juillet 2010, à l’occasion de son Assemblée générale, l’ONU avait adopté une résolution reconnaissant l’accès à l’eau potable et à l’assainissement un caractère de droit fondamental. Cependant, cette résolution onusienne a eu jusque-là peu d’effets sur les États à cause de son caractère non contraignant.