« Comprendre les nuages », thème de la Journée mondiale de la météorologie célébrée ce 23 mars

0

Comprendre les nuages… C’est le thème de la Journée mondiale de la météorologie célébrée hier. Il s’agit de souligner l’énorme importance des nuages pour le climat et l’eau. Un mystère de la nature qui donne du fil à retordre aux professionnels de la communauté météorologique.

Selon Edley Michaud dans les colonnes de defimedia.info, «les nuages ont changé sous l’effet du dérèglement climatique». Blancs ou gris, discrets ou menaçants, aux formes variées et aux couleurs changeantes, nous voyons les nuages sans vraiment les regarder. De quoi sont-ils composés ? Comment se forment-ils ? À quelle altitude? D’où vient leur nom ? Ce sont les questions que nos confrères ont posées à Edley Michaud, amateur passionné de la météorologie et membre de la Société météorologique de Maurice.

Commençons par le commencement. Qu’est-ce qu’un nuage?

Il s’agit tout simplement de gouttelettes d’eau ou de cristaux de glace en suspension dans l’air et qui résultent de la condensation de la vapeur d’eau.

Comment se forment-ils ?

En bref, chauffée par les rayons du soleil, l’eau des mers, des lacs et des rivières forme de la vapeur d’eau qui s’élève dans le ciel. Au contact de l’air froid, cette vapeur d’eau se condense en fines gouttelettes. Lorsque celles-ci se rencontrent, elles en forment de plus grosses, s’alourdissent et tombent en pluie. Il faut environ un million de gouttelettes pour former une goutte de pluie.

Nous avons parfois l’impression que les nuages sont à portée des mains. Quelle est en fait leur réelle altitude ?

On distingue des nuages de plusieurs altitudes : les nuages bas (de la famille des stratus), les nuages de l’étage moyen (entre 2 000 et 7 000 m d’altitude), de la famille des altos ainsi que le nimbostratus, masse nuageuse typique d’une perturbation qui occupe les deux premiers étages de la classification. Puis, les nuages élevés (de 7 000 m à environ 10 000 mètres selon la latitude). Enfin, notons la famille des nuages à développement vertical en forme de champignons. Leur base est parfois assez basse mais leur sommet peut culminer entre 8 000 m et 13 000 m voire davantage en zone tropicale. Il s’agit des cumulonimbus, nuages d’orage et de pluies torrentielles. Ces nuages inférieurs sont les plus remarqués car ils évoluent habituellement à moins de 1 000 mètres du sol. Il leur arrive même de toucher le sol et c’est ce qui provoque du brouillard.

Stratus, cumulonimbus, cirrus… D’où nous viennent ces noms ?

La plupart des noms de nuage comportent des racines et des qualificatifs latins qui, lorsqu’ils sont associés, donnent une indication du type de nuage. Notamment le stratus (étendu, couche, continu), le cumulus (amas, moutonneux), le cirrus (filament, fin), le nimbus (porteur de pluie) et l’alto (moyen même si altus en latin signifie haut). Le système international fondé sur des termes latins, utilisé actuellement pour la classification des nuages, a été élaboré en 1803 par le météorologue amateur Luke Howard dans son essai sur la modification des nuages, Essay on the Modification of Clouds. On trouve les racines de l’International Cloud Atlas à la fin du 19ème siècle. Il a été révisé à plusieurs reprises au 20ème siècle et, plus récemment en 1987, sous forme de livre papier avant l’avènement de l’Internet.

Il y a-t-il une relativité entre les nuages et le changement climatique ?

Les nuages régulent la température terrestre en renvoyant vers l’espace une partie des radiations solaires avant que celles-ci puissent toucher le sol. La nuit, ils agissent comme une couverture permettant de limiter les pertes de chaleur. Les nuages ont, en effet, changé sous l’effet du dérèglement climatique. Des changements qui renforcent l’absorption par la Terre de la radiation solaire et réduisent le retour des radiations thermiques vers l’espace. Le tout exacerbe le réchauffement en augmentant les concentrations de gaz à effet de serre. Ainsi, leurs liens avec le changement climatique constituent l’une des principales zones d’incertitude pour les scientifiques qui travaillent sur le climat et tentent d’anticiper son évolution future.

Moctar FICOU / VivAfrik

Laisser un commentaire