Journée internationale des forêts : le Sénégal opte pour une gestion participative afin d’assurer une exploitation traditionnelle et durable

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Le Sénégal a célébré ce 21 mars, la journée mondiale de la forêt classée. Occasion saisie par le représentant du ministre de l’environnement pour décliner l’option des autorités pour protéger les ressources forestières. Une option qui place les communautés au cœur du programme. La célébration a eu lieu mardi, dans la forêt classée de Mbao. La journée de la forêt édition 2017 a été placée sous le thème : «Des forêts et l’énergie ».

Décidé à assurer la protection de ses ressources forestières, le gouvernement compte sur la participation et la mobilisation communautaire. Le directeur de cabinet du ministre de l’environnement en a fait la révélation à l’occasion de la célébration de la journée mondiale des forêts. Le Sénégal est résolument décidé à protéger ses forêts. Lors de la journée internationale de l’arbre célébrée dernier, à la forêt classée de Mbao, le directeur de cabinet du ministre de l’environnement et du développement durable en donné la confirmation. «La meilleure manière de gérer durablement une forêt, c’est ce que le Sénégal est en train de faire, c’est-à-dire engager l’aménagement participatif. En faisant en sorte que ceux qui vivent autour des forêts en soient eux-mêmes les gardiens», a dit Souleymane Diallo. Une façon pour lui d’allier une exploitation rationnelle et une gestion durable des forêts. «Cette méthode de gestion des forêts, permet de se servir des ressources forestières de façon rationnelle et durable. C’est-à-dire que les forêts doivent être exploitées après aménagement». De cette façon, explique-t-il, l’on pourra définir tous les arbres qui doivent être exploités ou préservés ; «cela en collaboration avec toutes les communautés, pas seulement avec le service des eaux et forêts», signale-t-il. Grâce à ce procédé, 61 formations forestières à travers le pays, ont été préservées, si l’on en croit M. Diallo.

Etendue sur une superficie de 722 ha, la forêt classée de Mbao a déjà perdu 30 hectares. Un fait qui sera à l’origine de son érection en périmètre de reboisement et de fixation des sols. Aujourd’hui, la valorisation du potentiel forestier est venue s’ajouter à ces objectifs précités. Cela à travers, un aménagement participatif. Avec cela, les populations riveraines sont invitées à s’impliquer dans la gestion de cette ressource. «Ce n’est pas seulement les services des eaux et forêts qui gèrent la forêt classée mais aussi les groupements féminins, de villageois, de même que les collectivités locales», a déclaré Souleymane Diallo. Pour encourager la participation des populations, les autorités des eaux et forêts promettent d’aménager avec elles des espaces pour des activités lucratives et récréatives. «C’est dans ce cadre qu’il est prévu une unité de production apicole, un espace de production d’anacarde, d’un parc animalier, en collaboration avec l’APIX. Des projets qui visent à faire de la forêt classée de Mbao, un modèle de conservation des fonctions écologiques et de la diversité forestière».

Par ailleurs, si l’on se fie aux dires du directeur de cabinet d’Abdoulaye Bibi Baldé, la menace sur les forêts est plus pesante dans la zone Sud du pays. En effet, précise-t-il, «les forêts sont très menacées par des coupes illégales de bois». Face à cette situation, l’Etat du Sénégal a mis en place un certain nombre de mesures. «Aujourd’hui, nous avons des brigades mixtes entre les eaux et forêts et les forces de défense et de sécurité pour pouvoir venir à bout de ce fléau… Ce que le gouvernement a aussi fait, c’est de porter le combat au niveau international et d’inscrire les plantes qui sont menacées à la Cites (convention internationale sur le commerce de faune et de flore). Ce qui est important, c’est que désormais, ces plantes ne pourront pas être commercialisées sur le plan international si on ne présente pas de traçabilité, de certificat d’origine», explique-t-il. Ainsi, depuis le 05 Septembre 2016, une coopération a été établie entre le Sénégal et l’ensemble des pays frontaliers afin que les forêts transfrontalières puissent être gérées de manière participative.

Le colonel Mamadou Fall, chef de division des aménagements et productions forestières, rappelle que depuis 1998, le Sénégal, avec l’appui de la banque mondiale, déroule un vaste programme d’inventaire de la ressource afin d’inventer des plans d’aménagement. Ce qui a permis à partir de 2005, la production de charbon de bois à partir des forêts aménagées.

Moctar FICOU / VivAfrik

 

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