Le Somaliland affecté par la famine qui secoue la Corne de l’Afrique

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Une dramatique sécheresse frappe depuis plusieurs années la Corne de l’Afrique, au point que la Somalie a déclaré l’état de catastrophe nationale et que l’état de famine a été décrété au Soudan du Sud. Depuis quelques semaines, les organisations humanitaires enregistrent les premiers morts de faim dans la région, tandis que les agricultures sont dévastées et les paysans contraints de se déplacer pour survivre. Parmi les pays les plus touchés, l’Etat autoproclamé du Somaliland, indépendant de facto depuis 1991, a-t-on appris de rfi.fr.

Le Somaliland est aujourd’hui au bord de la catastrophe. C’est du moins l’opinion des autorités de ce pays si particulier, reconnu officiellement par personne, mais avec lequel on commerce et on discute malgré tout. Selon les estimations du ministère de la Santé, 650 000 personnes environ sont concernées, aujourd’hui, par la sécheresse. Mais à la malnutrition, aux maladies et à la faim des populations, s’ajoute aussi l’isolement politique du pays. C’est pourquoi le représentant du Somaliland en France, Ali Ismaël Hassan, s’adresse directement à la France et aux Organisations non gouvernementales (Ong). « J’appelle solennellement le gouvernement français et les organisations humanitaires non gouvernementales sur Somaliland qui est dans l’urgence. La première économie du Somaliland qui était le bétail, et dans certaines régions on a perdu au moins 80 % de ce bétail. Le Somaliland a besoin de tout. De tout, de nourriture, de médicaments, d’eau. Le Somaliland est complètement dans le chaos. Il a besoin de tout », alerte Ali Ismaël Hassan. Selon le Bureau de la coordination des Affaires humanitaires de l’ONU, les prévisions pluviométriques sont mauvaises pour la saison qui vient. Il a donc demandé à la communauté internationale au moins 105 millions de dollars pour l’aide d’urgence au Somaliland. Si l’on n’obtient pas ces fonds maintenant, les conséquences seront graves, a déclaré OCHA.

L’appel à l’aide de l’ONU très peu entendu

Il y a un mois, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, lançait un appel au don. Il lui fallait près de 4 milliards de dollars d’ici à la fin du mois de mars pour tenter d’enrayer une famine qui menace 20 millions de personnes sur le continent africain. La mobilisation est cependant très faible et l’ONU a reçu un peu moins d’un dixième de la somme. Faute de mieux, le secrétaire général a finalement repoussé la fin de son ultimatum au mois de juillet prochain. Pour l’instant, l’ONU n’a engrangé dans ses caisses que 423 millions d’euros – très loin du compte – pour assurer l’envoi de nourriture, d’eau potable et de médicaments dans les quatre pays les plus menacés par la famine. L’organisation a eu beau alerter sur le fait que cette crise humanitaire était la pire depuis la seconde guerre mondiale, les donneurs ne se sont pas précipités. Seuls 8 % des fonds nécessaires pour venir en aide au Yémen ont été pourvus, 9 % pour le Nigeria, 18 % pour le Soudan du Sud et 32 % pour la Somalie.

Hors micro, relatent nos confrères de rfi.fr, les diplomates pointent la responsabilité des Etats-Unis, historiquement les plus grands donateurs pour ce qui est de l’aide humanitaire, mais bien décidés à réduire, de manière drastique, leur contribution financière à l’ONU.

Moctar FICOU / VivAfrik

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