Donald Trump signe un décret annulant la politique environnementale de Barack Obama

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Sur une estrade, entourée de mineurs, Donald Trump a signé un décret cassant la politique environnementale de son prédécesseur.

On se souvient que, contrairement aux affirmations de la quasi-unanimité des scientifiques du monde entier, le changement climatique n’est pas l’une des plus grandes catastrophes de l’histoire de l’humanité, mais une maligne invention chinoise « pour miner la compétitivité de l’industrie américaine ». C’est du moins ce que Donald Trump a « révélé » pendant sa campagne. Mardi, conformément à ses convictions et à ses promesses, le président américain a mis un coup d’arrêt aux politiques engagées par son prédécesseur Barack Obama – un agent chinois ? – visant à freiner les émissions de carbone. A en croire tempsreel.nouvelobs.com, Donald Trump a présenté son décret à l’EPA (l’Agence pour la protection de l’environnement). Dans le livre « 1984 » de George Orwell, « le ministère de la Paix s’occupe de la guerre, celui de la Vérité, des mensonges, celui de l’Amour, de la torture, celui de l’Abondance, de la famine ». Dans l’Amérique de Trump, l’Agence pour la protection de l’environnement favorise les émissions de CO2.
Trump, flanqué de mineurs sur une estrade à l’EPA, n’a pas caché sa fierté : « je prends des mesures historiques pour mettre fin à des restrictions sur l’énergie américaine, pour mettre fin aux intrusions du gouvernement, pour annuler des réglementations tueuses d’emplois. » Et, à l’adresse des mineurs qui l’entouraient : « allons les gars (en VO : ‘C’mon fellas’). Vous savez ce que c’est ? Vous savez ce que ça dit ? Vous allez retourner au boulot. » Concrètement, le décret baptisé « Energy Independance », signé mardi par Trump, bloque la mise en œuvre du « Clean Power Plan » de Barack Obama, qui devait imposer aux centrales thermiques des réductions drastiques de CO2, conformément aux engagements pris par les Etats-Unis lors de la conférence de Paris de décembre 2015, et développer les énergies renouvelables. Il revient également sur l’interdiction de l’exploitation du charbon sur des terres publiques fédérales, il abroge les règles imposant une réduction des émissions de méthane par les producteurs d’hydrocarbures, il allège les critères liés aux émissions de carbone lors de la délivrance de permis…

L’accord de Paris, « un mauvais deal »

Les Etats-Unis iront-ils plus loin en se retirant de l’accord de Paris de décembre 2015 ? La question n’a pas encore été tranchée, dit-on à la Maison-Blanche. Pour Scott Pruitt, le nouveau patron de l’Agence de protection de l’environnement, l’accord de Paris « n’est qu’un mauvais deal ». Pendant la campagne, Trump avait promis de « l’annuler » dans les 100 jours après sa prise de fonction. La semaine dernière, a raconté le « Financial Times », cité par nos confrères de tempsreel.nouvelobs.com, l’administration Trump a reçu une lettre circonstanciée, l’enjoignant à ne pas sortir de l’accord de Paris, ce « cadre efficace pour affronter les risques liés au changement climatique ». Qui a signée ce texte ? Greenpeace ? Non : le premier groupe pétrolier du pays, ExxonMobil. Business is business : l’adhésion à l’accord de Paris poussera à une plus grande consommation de gaz naturel et une moindre consommation de charbon, ce qui ne peut que convenir à Exxon. Le signataire de la lettre, Peter Trelenberg, responsable chez Exxon des politiques environnementales, considère également qu’« il serait prudent que les Etats Unis reste partie prenante à l’accord de Paris pour veiller à ce que le terrain de jeu reste juste, de telle sorte que les marchés de l’énergie soient aussi libres et compétitifs que possible ». Pour Exxon, les Etats-Unis sont bien placés, en termes d’innovation, pour affronter la concurrence dans le cadre posé par l’accord de Paris. Si Scott Pruitt est hostile à l’accord de Paris, ce n’est pas le cas d’autres membres de l’administration, comme le secrétaire à la Défense James Mattis ou encore le secrétaire d’Etat (ministre des Affaires étrangères) Rex Tillerson : l’ancien patron d’Exxon…
Même si les Etats-Unis décident de rester membres de l’accord de Paris, avec le décret pris mardi, il n’y a désormais aucune chance qu’ils puissent respecter les engagements qu’ils avaient pris dans son cadre.

Moctar FICOU / VivAfrik

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