A cause de la sécheresse dans la Corne de l’Afrique, un bébé de 5 mois ne pèse que 3 kilos

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Selon l’ONU, la famine dans la Corne de l’Afrique risque de provoquer un nombre de morts « massif ». En Somalie, des centaines de milliers d’enfants souffrent de la forme la plus grave de malnutrition.

Le haut-commissariat de l’ONU pour les réfugiés a mis en garde mardi contre le risque d’un nombre de morts « massif » provoqué par la famine dans la Corne de l’Afrique, au Nigeria et au Yémen, alors que la sécheresse frappe une partie du continent africain. A en croire bfmtv.com, l’ONU craint que la situation soit pire que lors de la famine de 2011 qui avait tué plus de 260.000 personnes dans cette région, dont plus de la moitié étaient des enfants de moins de 5 ans. La situation actuelle est le résultat d’une conjugaison de facteurs. La Somalie, le Soudan du Sud, le Nigeria et le Yémen sont touchés par une grave sécheresse mais ils sont également en proie à des violences ou conflits armés.

« Nous sommes venus parce que nous avions trop faim »

À 5 mois, ce bébé ne pèse que 3 kilos – il devrait peser le double. Sa grand-mère est venue chercher de l’aide dans un centre d’aide humanitaire de Kismayo, dans le sud-est de la Somalie. Dans ce pays de la Corne de l’Afrique, des centaines de milliers d’enfants souffrent comme lui de la forme la plus grave de malnutrition. La moitié de la population nécessite une assistance humanitaire. Le manque d’eau et de nourriture a poussé de nombreux somaliens sur les routes. Ils marchent des jours durant pour atteindre ces camps de fortune. « Je viens d’un village appelé Shabella. Nous avons quitté notre maison à cause de la sécheresse. Nous sommes venus parce que nous avions trop faim », a témoigné une jeune femme dans un camp d’accueil à Baidoa, dans le sud-ouest de la Somalie.

« Les récoltes n’ont pas été bonnes »

Après plusieurs années de faibles pluies, les puits et les réserves sont à sec. Et plus rien ne pousse. « On voit des villages entiers, parce que les récoltes n’ont pas été bonnes dans une zone qui est un des greniers de la Somalie, des populations qui ont tendance à se déplacer, à essayer d’aller autant que possible vers les grandes villes », a indiqué pour BFMTV Serge Breysse, directeur expertise et plaidoyer d’Action contre la Faim. Difficulté supplémentaire: les chefs de clan qui bloquent les déplacements de ces personnes. « Pour nous, c’est très important de pouvoir avoir accès à ces populations, ajoute Serge Breysse. Et aujourd’hui, ce n’est pas le cas parce qu’il y a des groupes armés qui soit empêchent ces populations de venir vers nous pour avoir accès à leurs besoins vitaux, soit nous empêchent nous d’opérer dans l’ensemble du territoire ».

Les Nations unies réclament 4,4 milliards de dollars

Dans la région du bassin du lac Tchad, quelque sept millions de personnes « risquent de souffrir gravement de la faim », a également prévenu mardi le directeur général de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao). Les Nations unies réclament à la communauté internationale 4,4 milliards de dollars, soit quelque 4,1 milliards d’euros, d’ici à juillet pour acheminer de l’aide dans ces quatre pays où plus de 20 millions de gens sont confrontés à la faim ou à la famine. L’ONU n’a reçu pour l’instant que 21% de ces fonds.

Moctar FICOU / VivAfrik

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