Les producteurs de Cacao « « n’ont pas une grande visibilité sur la consommation et la surproduction », dixit Mamadou Sangafowa

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Le ministre ivoirien de l’Agriculture Mamadou Sangafowa a affirmé lundi à Abidjan que les pays producteurs « n’ont pas une grande visibilité sur la consommation et la surproduction du cacao », lors d’un point de presse, à l’issue d’une réunion de l’organisation internationale du cacao (Icco), a-t-on appris de connectionivoirienne.net.

Faire en sorte que les spéculations ne continuent pas d’engranger du profit au détriment des producteurs de cacao, chercher dès maintenant à stimuler la demande mondiale, surtout que certains pays émergents (l’Inde et la Chine) deviennent de plus en plus de grands consommateurs du cacao. Ce sont quelques-uns des défis du gouvernement que le ministre de l’Agriculture et du Développement rural Mamadou Sangafowa Coulibaly, a bien voulu partager, ce mardi 14 mars, avec le vice-ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche de l’Équateur et aussi président du Conseil international du cacao (Luis Valverde), lors d’une audience accordée à son cabinet, à Abidjan-Plateau en compagnie de ses collaborateurs et du Conseil café-cacao. Selon Mamadou Sangafowa Coulibaly, le chocolat n’a de la valeur que grâce aux producteurs de cacao. C’est pourquoi, soutient-il, le Président de la République Alassane Ouattara a souhaité que 60% du prix Caf puissent revenir aux producteurs. «Si le Président de la République n’avait pas pris cette décision, beaucoup de vergers auraient été abandonnés », explique le ministre. Invitant, de ce fait, l’Organisation internationale du cacao (Icco) à regarder de près le problème de la demande mondiale en vue de trouver des mécanismes pour la stimuler.

Pour ce faire, s’il faut adapter les accords de coopération au 51 pays membres de l’Icco, le problème de la chaîne de valeur, pour le ministre Sangafowa, demeure une question essentielle. Car, « si cette question est convenablement abordée, nous pays producteurs, nous pourrons réfléchir à une agriculture maîtrisée qui ira jusqu’à la transformation». Ajoutant par ailleurs que le fait que le siège de l’Organisation mondiale du cacao (Icco) soit dans le pays le plus grand producteur de cacao est le prestige conféré à la Côte d’Ivoire. « Cette vision cadre avec celle du Chef de l’État qui veut que le producteur soit de plus en plus au cœur de la politique commerciale du cacao », a indiqué le ministre de l’Agriculture et du Développement rural. Exprimant sa gratitude à la Côte d’Ivoire pour la réalisation du nouveau siège de l’Icco désormais implanté à Abidjan, le président du Conseil international du cacao, Luis Valverde, a réaffirmé le rôle joué par son pays (Équateur) pour s’accorder sur le transfert du siège à Abidjan. Néanmoins, « la situation de la baisse des cours, aussi bien pour la Côte d’Ivoire que l’Équateur est très compliquée ».

Le vice-ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche de l’Équateur a demandé l’appui du gouvernement ivoirien pour la réussite de la prochaine réunion de haut niveau qui regroupera en avril les ministres de l’agriculture des pays membres de l’Icco. «Au cours de cette réunion, on pourra échanger entre amis afin de voir comment freiner la baisse des cours. Nous devons commencer à développer le futur du cacao », a fait remarquer le président du Conseil international du cacao. Au dire de l’hôte du ministre Sangafowa, le fait de discuter ensemble sur l’avenir de la filière cacao, dans le pays leader de la production, permettra, certainement d’envoyer le message « correcte » au marché. Proposant, en outre, la mise sur pied d’une équipe de travail pour visiter les pays producteurs et consommateurs afin de satisfaire les attentes. Le président du Conseil international du cacao, Luis Valverde et son équipe ont visité dans la matinée les usines Cemoi à la zone industrielle de Yopougon et Filtisac à Abobo.

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