Inza Koné, chef de fil de la première Société africaine de primatologie

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L’Ivoirien Inza Koné, 47 ans, a été élu président de la toute première Société africaine de primatologie, une organisation qui lutte contre la disparition des singes, a-t-on appris jeudi auprès de l’intéressé.

« Je suis heureux de ma responsabilité face à la situation catastrophique des primates d’Afrique », a déclaré le Dr Koné, directeur de la recherche et du développement du Centre suisse de recherches scientifiques en Côte d’Ivoire. « Notre stratégie va se construire autour du renforcement des capacités, il s’agit avant tout de constituer des équipes de primatologues africains qui soient compétitifs, aguerris et qui vont savoir porter la voix de l’Afrique dans les initiatives internationales et dans les projets de recherche » a-t-il confié à VOA Afrique. Elu pour quatre ans, son programme va dans un premier temps s’inspirer des réussites sur d’autres continents, notamment au Brésil, le pays qui compte le plus d’espèces de primates (150) au monde.

« Les primatologues du Brésil sont partis de rien en 1971 pour devenir des leaders reconnus de la primatologie au plan mondial », a expliqué le Dr Koné. La Société africaine de primatologie (Sap) a été mise en place à l’issue d’un congrès de trois jours qui a réuni près de 150 scientifiques de toute l’Afrique à Abidjan – capitale économique ivoirienne où sera basée la Sap, avec l’objectif de sauver les singes menacés d’extinction sur le continent.

Lémurien de Madagascar

La situation des primates est catastrophique : plus de la moitié des espèces africaines sont menacées de disparition. Et à Madagascar, ce sont 85% des espèces de lémuriens qui risquent de disparaître. En Côte d’Ivoire, la population de chimpanzés, des primates parmi les plus proches des hommes, a chuté de 90% en 20 ans. Les causes de la baisse des populations des primates en Afrique sont connues : la chasse et le braconnage, la disparition de leur habitat, notamment les forêts, à cause de l’extension des activités agricoles humaines, de l’exploitation exagérée du bois, des mines et de l’urbanisation.

Moctar FICOU / VivAfrik

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