Le Sénégal met en place un comité interministériel de suivi de la loi sur l’interdiction du plastique

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En croisade contre l’utilisation des plastiques, le ministre de l’Environnement et du développement durable, Abdoulaye Baldé, a procédé, à Dakar, à l’installation officielle d’un comité interministériel pour le suivi de la loi sur l’interdiction de ces solides. L’ensemble des acteurs du secteur sont invités dans cette lutte.

L’Etat du Sénégal continue sa croisade contre les plastiques. Le ministre de l’Environnement et du Développement durable a installé un comité interministériel dont le but est de faire le suivi de la loi relative à l’utilisation de ces solides. A cette occasion, Abdoulaye Baldé a plaidé selon sen360.fr, pour que le Sénégal soit « un modèle » dans la lutte contre le « péril » représenté par les sachets plastiques. « Je vous (membres du comité : Ndlr) assure toute la disponibilité de l’ensemble de mes services afin de vous accompagner dans l’atteinte des objectifs assignés à ce comité interministériel », s’est-il engagé. Avant de faire savoir que le comité regroupe l’ensemble des acteurs concernés par la production: importation, commercialisation et consommation du plastique.

Pour nos confrères du quotidien lesoleil.sn, l’entrée en vigueur, le 4 janvier 2016, de la loi relative à l’interdiction de la production, de l’importation, de la détention, de la distribution de sachets plastiques de faible micronnage et à la gestion rationnelle des déchets plastiques, n’a pas eu l’effet escompté par les pouvoirs publics. Le plastique continue de circuler comme avant dans les marchés du Sénégal et autres lieux d’échanges. Ainsi, pour faire face au péril plastique, le ministère de l’Environnement et du Développement durable, en collaboration avec le ministère du Commerce, innove avec la mise en place d’un Comité interministériel de suivi et d’évaluation de la loi sur le plastique et de ses textes d’application. Ledit comité, qui regroupe l’ensemble des acteurs concernés par la production, l’importation, la commercialisation et la consommation du plastique, a été installé par le ministre de l’Environnement. « La loi à elle seule ne saurait suffire pour pouvoir juguler tous les méfaits du péril plastique sur l’environnement et la santé des populations et des animaux au Sénégal. En effet, plus d’une année après son entrée en vigueur, le changement espéré n’est toujours pas totalement observé », a reconnu Abdoulaye Baldé.

Selon Abdoulaye Baldé, la prise en charge de la problématique du plastique a révélé, à suffisance, la transversalité de leurs activités et l’interdépendance qui les lie avec les autres services publics de l’Etat. Il s’y ajoute le privé, la société civile tous les acteurs du développement pour l’accomplissement avec succès de leurs missions. Selon le ministre de l’Environnement, l’examen de l’impact de cette politique de règlementation du plastique mise en place dans les autres pays, comme le Danemark en 1994, le Bengladesh en 2002, le Rwanda en 2008, le Gabon en 2010, le Cameroun en 2012, la Côte-d’Ivoire en 2013 ou encore le Burkina Faso en 2014, révèle des résultats très mitigés ou parfois décevants. C’est pourquoi il convient de mettre en place un mécanisme innovant et inclusif pour pouvoir faire face à ce fléau. « La prise en charge de cette problématique du plastique prouve à suffisance la transversalité de nos activités et l’interdépendance qui nous lie avec les autres services publics de l’Etat, le secteur privé, la société civile et tous les acteurs du développement, pour l’accomplissement avec succès de nos missions », a souligné M. Baldé.

Limites de la loi interdisant les plastiques

Mais malgré tout, le mal persiste. Le ministre est conscient qu’il reste encore des choses à parfaire. « A elle seule, cette loi ne saurait suffire pour pouvoir juguler tous les méfaits du péril plastique sur l’environnement et la santé des populations et des animaux au Sénégal. Après son entrée en vigueur, le changement espéré n’est toujours pas totalement observé », regrette-t-il. Abdoulaye Baldé milite pour qu’un mécanisme « innovant » et « inclusif » soit mis en place dans le but de faire face à ce « fléau ». C’est dans ce sens qu’en collaboration avec le ministère en charge du Commerce, ils ont mis en place ledit comité de lutte. Et il est prévu un renforcement de capacités des laborantins appelés à travailler avec ce comité, pour contrôler certains aspects du décret d’application de la loi, en ce qui concerne, notamment, les termes techniques, les normes de fabrication et la composition des matériaux par exemple, détaille-t-il. « Ce sont des aspects extrêmement importants, ajoute-t-il, sur lesquels il faudrait que les laboratoires nous accompagnent. Aussi, nous allons les aider à avoir plus de capacités et plus d’équipements ».
La loi a également pour objectif de créer une économie circulaire, notamment en se mettant au diapason avec les usines de production et de recyclage du plastique. Les industriels seraient prêts à racheter à 50 francs le kilo de plastique au lieu de 25 francs et de le recycler, avance-t-on. Cependant, les sociétés sénégalaises de recyclage, comme l’entreprise Simpa, leader du secteur qui recycle déjà 200 tonnes de plastique par an, signale que les sachets ne peuvent encore être recyclés : « Les sachets que nous récupérons sont sales et demandent un gros traitement pour les recycler, et nous n’avons pas le matériel pour nous en occuper. Nous les récupérons pour les stocker, mais nous en avons tellement que l’on doit limiter nos rachats », renseigne Hussein Ayoub, responsable du secteur recyclage de l’usine. Il précise que la société prévoit de se munir de la machine, dans les mois à venir.

Moctar FICOU / VivAfrik

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