Braconnage et trafics mettent en danger les espèces protégées

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Le trafic des espèces menacées, que certains experts évaluent à 15 ou 20 milliards de dollars, se situe parmi les cinq plus rentables au monde avec celui des armes, des êtres humains, de la contrefaçon et de la drogue. Un enjeu financier énorme, qui met en danger la vie non seulement des animaux pourchassés, mais aussi de ceux qui tentent de les protéger, comme Wayne Lotter, grand défenseur des éléphants, assassiné la semaine dernière en Tanzanie. Et le Sud-Africain n’est hélas pas le seul. Si l’on se fie aux confrères Christophe Cornevin et Cyrille Vanlerberghe du journal lefigaro.fr, de 2009 à 2016, l’International Ranger Federation a recensé 565 rangers morts pour la protection de la nature sauvage, la plupart sous les balles des braconniers, en Afrique mais aussi en Asie.

Une criminalité très organisée

A les en croire, ce trafic met en danger la survie d’espèces menacées emblématiques, tels les gorilles, les éléphants et les rhinocéros, mais en fait des milliers d’espèces animales sont concernées, certaines chassées pour leur peau ou leurs cornes, d’autres pour servir d’animaux de compagnie plus exotiques les uns que les autres. Malgré une lutte qui s’organise de mieux en mieux au niveau international, les filières clandestines sont en plein essor. Selon un dernier bilan, la douane française a réalisé l’année dernière pas moins de 493 constatations portant sur des spécimens protégés (423 en 2015, soit une augmentation de 16,5 %).

Le négoce clandestin de défense d’éléphants et de cornes de rhinocéros destinées aux marchés asiatiques, en particulier à la Chine et plus récemment au Vietnam, flambe en raison de tarifs qui atteignent des sommets. La défense d’ivoire «brute», avant d’être ouvragée en objets décoratifs, se négocie autour de 1000 euros le kilo. Les douaniers en ont confisqué 790 kilos l’année dernière, soit une augmentation de 76 % en une seule année. Du jamais-vu depuis 2006. Le prix de la corne de rhinocéros, marchandée le plus souvent sous forme de poudre, destinée à produire de prétendus remèdes aphrodisiaques pour des clients asiatiques, s’envole quant à lui à plus de 50.000 euros le kilo. Ces trafics bien spécifiques sont animés par une criminalité très organisée, placée dans le viseur des douaniers.

Moctar FICOU / VivAfrik

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