Révolution verte en Afrique : voici les enjeux de ce forum à Abidjan

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Abidjan, la capitale économique ivoirienne, accueillera, du 4 au 8 septembre, la 7e édition de l’AGRF, le forum sur la révolution verte en Afrique. Un événement qui se tient pour la première fois dans un pays francophone.

Dans une interview qu’il a accordée à la 1ère chaîne de radio publique, Radio Côte d’Ivoire, citée par Anoh Kouao du site fratmat.info, Fadel Ndiame, directeur régional Afrique de l’Ouest de l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (Agra, en anglais), a levé le voile sur les enjeux de cet important événement. Rencontre au cours de laquelle des Chefs d’État, une trentaine de ministres de l’Agriculture et des Finances et plusieurs investisseurs sont attendus. « C’est la toute première fois qu’un tel forum se tient dans un pays francophone. L’objectif, c’est de rassembler dans une ville les principaux protagonistes de l’agriculture… », explique Fadel Ndiame. Contrairement à 2016, à Nairobi au Kenya, où 30 milliards de dollars américains (plus de 15 000 milliards de Fcfa) ont été mobilisés, pour le directeur régional Afrique de l’Ouest de l’Agra, la Côte d’Ivoire doit battre ce « record », mais également« en termes de participation ». Le choix du pays s’explique par le fait qu’il possède un véritable « potentiel agricole ». « Le binôme café-cacao a donné à la Côte d’Ivoire les moyens de générer beaucoup de valeurs et d’investir dans l’économie. Ce qui a été fait dans ce secteur doit aussi être fait dans les autres cultures, surtout les cultures vivrières… », fait remarquer le sénégalais.  Une fois en Côte d’Ivoire, dit-il, les investisseurs « verront une volonté politique, des conditions économiques et sociales qui rassurent. Le pays est prêt non seulement à faire avancer sa propre agriculture, mais également à montrer le chemin au reste du continent ».

Selon lui, le pays d’accueil peut, au-delà de ses frontières, montrer les voies et moyens par lesquels on peut promouvoir la transformation de l’Afrique. « C’est pourquoi nous misons sur le rendez-vous d’Abidjan », ajoute-t-il. Un rendez-vous qui intervient dans un contexte où l’Afrique, qui possède 65% des terres arables non cultivées au monde, continue les importations pour se nourrir. Alors que l’agriculture constitue plus de 16% de son Pib et emploie plus de 60% de sa population. Et la facture est lourde : 35 milliards de dollars Us (plus de 17 500 milliards de Fcfa). Du fait des effets néfastes du changement climatique, les rendements des principales cultures de base du continent pourraient baisser de 8 à 22 % d’ici à 2050. D’où cette révolution verte qu’appelle l’Agra (qui compte 11 pays et que la Côte d’Ivoire intégrera bientôt). Elle vise une transformation significative de l’agriculture qui se traduira par des rendements beaucoup plus élevés pour les petits producteurs, la capacité à générer des excédents de production qui peuvent être transformés et vendus sur le marché pour des revenus plus élevés.

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