Afrique : La priorité à l’agriculture, clef de la croissance économique inclusive en Afrique, selon Kanayo Nwanze

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L’ancien président du Fonds international pour le développement agricole (Fida), le Dr Kanayo Nwanze, a estimé dans une tribune libre, que « l’Afrique doit délibérément accorder la priorité au secteur agricole pour atteindre le type de croissance économique qui ne laisse personne derrière ».

Le Dr. Nwanze soutient dans sa tribune que « l’agriculture est la voie la plus sûre vers la prospérité de l’Afrique ». Il argumente que la croissance du Produit intérieur brut (Pib) due à l’agriculture est au moins trois fois plus efficace pour réduire la pauvreté dans les pays sans ressources et à faible revenu que la croissance dans d’autres secteurs. « En Afrique subsaharienne, on estime qu’elle est 11 fois plus efficace », relève le Dr Nwanze.

Déclinant sa vision de l’avenir de l’Afrique, il estime qu’elle ne repose pas sur les fondations des industries extractives qui n’ont pas nourri des personnes affamées, ni réduit la pauvreté. « A mon sens, la croissance économique de l’Afrique repose sur la revalorisation et l’utilisation complète du potentiel des petits exploitants agricoles qui représentent 70% de notre population », assure-t-il. Relevant le rôle des femmes dans les travaux agricoles pour nourrir leurs familles, il reste convaincu « qu’aucune nation n’a pu se transformer sans donner aux femmes les mêmes droits et opportunités que ceux octroyés aux hommes ».

Selon le Dr Nwanze, la réalisation d’une transformation agricole à l’échelle du continent en tant que fondement de la sécurité alimentaire et de la réduction de la pauvreté, exige un leadership visionnaire aux niveaux national et continental, étant donné que notre continent a tout ce qu’il faut pour réussir dans le bon climat de leadership. Tout en saluant l’engagement des dirigeants africains à allouer au moins 10% des dépenses publiques à l’agriculture et à en assurer l’efficience et l’efficacité dans la Déclaration de Malabo, il déplore que seuls huit sur les 44 gouvernements de l’Afrique subsaharienne ont tenu ces promesses d’investir davantage dans l’agriculture. Il cite les bons exemples de l’Ethiopie et du Rwanda où la mise en oeuvre des décisions prises et des actions entreprises, les résultats ont été à la fois rapides et phénoménaux.

Ainsi, l’agriculture est le secteur le plus important de l’Éthiopie, représentant près de la moitié du Pib du pays (46,3%), 90% des exportations et 85% de la main-d’œuvre. Quant au Rwanda, cela a augmenté la disponibilité alimentaire du pays jusqu’à 150%, ce qui a réduit de manière significative la malnutrition chronique, le retard de croissance et la pauvreté de 20% au cours des dix dernières années. Le Dr Nwanze est le lauréat 2016 du Prix de l’alimentation en Afrique institué par l’Alliance pour la révolution verte en Afrique (Agra) récompensant son plaidoyer en faveur des petits exploitants agricoles africains et la mise en œuvre de politiques et de programmes révolutionnaires qui ont amélioré la vie de millions de personnes sur le continent.

Moctar FICOU / VivAfrik

Avec infosplusgabon.com

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