Rak Myeong Jung reconnait que le projet sud-coréen de développement de la chaîne de valeurs riz « est en phase avec le PSE et le PNAR »

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Avec l’appui de la Koica, les conseillers municipaux de Fanaye, Ndiayène Pendao et de Guédé village, en collaboration avec les populations de ces collectivités locales du département de Podor, sont engagés à relever les défis du Plan Sénégal émergent (Pse) et du Programme d’accélération de la cadence de l’agriculture sénégalaise (Pracas). Les Sud-coréens mettent en œuvre, depuis l’année dernière, dans ces trois communes de Podor, un projet de développement agricole. Dans cet entretien accordé à nos confrères du quotidien lesoleil.sn, Rak Myeong Jung de la Koica, coordonnateur de ce programme et directeur général du projet sud-coréen de développement de la chaine de valeurs riz, revient sur les objectifs de ce projet qui consistent à contribuer à la mise en œuvre du Programme national d’autosuffisance en riz dans la vallée du fleuve Sénégal.

  1. le Directeur général, l’Agence sud-coréenne pour la coopération internationale (Koica) déroule un projet ambitieux de développement de la chaîne de valeurs riz dans le département de Podor. Pouvez-vous revenir sur les enjeux et les perspectives de ce programme de développement agricole ?

Nos objectifs consistent à contribuer au développement des communes de Fanaye, Ndiayene Pendao et Guédé situées dans les arrondissements de Thillé Boubacar et Gamadji Sarré. En collaboration avec les autorités administratives, la Saed, les conseillers municipaux et les populations, nous allons œuvrer pour la mise en place et le renforcement d’organisations paysannes et  de réseaux, la réhabilitation des infrastructures pour une production durable de riz.

Vous allez intervenir pendant 7 ans dans les communes de Fanaye, Ndiayène Pendao et Guédé village. Quelles seront les retombées économiques et sociales du projet ?

Notre projet permettra d’accroître les revenus des Groupements d’intérêt économique et des familles d’environ 20 % ; de contribuer de manière significative à l’augmentation de la production rizicole, au renforcement des capacités techniques des producteurs de riz à travers différentes sessions de formation pendant 2 ans. Nous formerons aussi des formateurs appelés à démultiplier leurs connaissances au profit d’autres producteurs de riz.

Comment comptez-vous aider le gouvernement sénégalais à mieux lutter contre la pauvreté dans le delta et la vallée du fleuve Sénégal ?

Le Sénégal est en train de mettre en œuvre des programmes pertinents tels que le Plan Sénégal émergent (Pse), le Programme national d’autosuffisance en riz (Pnar),  le Programme d’accélération de la cadence de l’agriculture sénégalaise (Pracas) et bénéficie des différents projets de l’Organisation de la mise en valeur du Fleuve Sénégal (Omvs). Le gouvernement sud-coréen apprécie ces programmes et aidera le Sénégal à atteindre les objectifs de ce projet. Nos experts, à travers ce projet de Podor, envisagent de collaborer avec d’autres projets en vue de contribuer à la lutte contre la pauvreté.

Votre projet contribue-t-il à lutter contre l’exode rural et l’émigration clandestine ?

En effet,  ce projet aidera à fixer les populations dans les zones rurales. Les habitants de Donaye avaient tendance à quitter leur terroir pour aller cultiver dans d’autres zones. Avec ce projet, les terres cultivables seront aménagées à quelques encablures de leurs habitations. A Donaye, Tar-Edji, nous avons un périmètre de 245 hectares à aménager. Les populations pourront exploiter 629 parcelles. A Pendao, il n’y a pas assez de terres cultivables mais avec les nouveaux aménagements  (280 hectares), les producteurs pourront disposer de nombreuses parcelles rizicoles (environ 418 parcelles). A Thiangaye aussi, la réhabilitation d’un périmètre rizicole de 77 hectares leur permettra de pratiquer la double culture et d’augmenter les revenus. Les producteurs de ces 3 sites  peuvent cultiver des semences certifiées et des variétés coréennes. Les jeunes de ces localités peuvent obtenir une formation agricole au Centre d’initiation et de perfectionnement dans les métiers de l’agriculture (Cipa). Le centre de l’union de Pendao dispose de salles de conférence et de formation. Ainsi, les producteurs de Podor peuvent améliorer leurs connaissances en agriculture.

Avez-vous envisagé de mettre en place des mécanismes qui permettront aux populations bénéficiaires de ce projet de se fixer définitivement dans leur terroir ?

Après les aménagements hydro-agricoles, les coûts de production seront revus à la baisse pour les populations. Cela leur permettra d’augmenter leurs profits. Durant la mise en œuvre du projet, nous fournirons de petits moulins, des équipements agricoles (tracteurs, camions, etc.) aux producteurs.

Avez-vous d’autres projets qui vont aider le Sénégal à atteindre l’autosuffisance en riz ?

Partout dans le monde, l’autosuffisance en riz est importante. Le gouvernement sud- coréen accorde également un intérêt particulier au développement agricole. Ainsi, si notre projet parvient à atteindre ses objectifs au bout de 7 ans, le gouvernement sud-coréen pourrait bien financer d’autres projets.

Moctar FICOU / VivAfrik

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