Sécurité maritime : Bara Cissokho appelle les Etats du golfe de Guinée à mutualiser leurs efforts et moyens

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Pour assurer la sécurité en mer dans le Golfe de Guinée, les pays concernés sont invités à mutualiser leurs forces. Les chefs d’état-major des marines des pays de cet espace étaient en conclave à Dakar afin de trouver des voies et moyens d’une meilleure coopération pour plus de sécurité.

Malgré les efforts consentis, l’espace maritime du Golfe de Guinée demeure un foyer de piraterie et d’actes de violence contre les navires. C’est aussi une zone où se développe la pêche illicite. Pour faire face à cette insécurité maritime, la mutualisation des moyens, l’harmonisation des instruments juridiques et le partage de l’information devront constitués le socle d’une coopération, d’une collaboration et d’une coordination efficiente entre les pays qui ont en commun cet espace. C’est en tout cas la conviction du général Bara Cissokho, sous-chef d’état-major général des armées. Il présidait le 19 septembre 2017, à Dakar, l’ouverture d’un symposium des chefs d’état-major des marines du Golfe de Guinée sur le thème « Architecture opérationnelle du code de conduite de Yaoundé : bilan et perspectives ». Il s’agit d’un mécanisme pour la prévention et la répression des actes de piraterie, des vols à mains armées à l’encontre des navires et des activités maritimes illicites en Afrique de l’Ouest et du Centre. « Ce symposium est un forum d’échanges et de réflexion sur les questions qui intéressent le domaine maritime en Afrique. Il offre aux acteurs du monde maritime que nous sommes l’opportunité de partager les perspectives des problématiques de sécurité en mer que vit notre région ouest-africaine. Il s’agit, dans un contexte de mondialisation où les enjeux ont une résonance planétaire, d’envisager, à côté des réponses juridiques et institutionnelles, celles opérationnelles aux menaces et risques maritimes dans les eaux des Etats côtiers du Golfe de Guinée », a précisé le général Cissokho, dans des propos relayés par lesoleil.sn.   Pour lui, le choix du thème de cette rencontre se justifie amplement au regard des menaces persistantes sur la sécurité et la sûreté maritime dans la région du Golfe de Guinée quatre années après que nos plus hautes autorités se soient réunies à Yaoundé pour jeter les bases d’une coopération gage d’efficacité dans l’appropriation de cet espace maritime. « Le trafic de drogue et celui d’armes légères s’y développent d’une manière inexorable. Ces deux fléaux constituent d’ailleurs les principales sources qui alimentent le terrorisme dans la partie ouest de notre continent. La pêche Illicite illégale non règlementée et non déclarée (Inn) affecte, quant à elle, l’économie de notre pays avec des conséquences énormes et multiples allant de la raréfaction des ressources à la perte d’emplois en passant par l’insécurité alimentaire », a relevé l’ancien chef d’état-major de la Marine sénégalaise. Enfin, a-t-il mentionné, la pollution marine due aux accidents de mer et à l’avancée de l’océan provoquée par les phénomènes de changement climatique constituent des menaces réelles sur les écosystèmes marins et le tourisme balnéaire.

Une collaboration contrastée

« Face à ces risques et menaces, les réponses opérationnelles à apporter devront s’articuler autour de quelques axes dont la nécessaire flexibilité autour des organismes sous-régionaux pour faciliter une mise en place définitive de centres multinationaux de coordination dans les zones, une bonne maîtrise du domaine maritime, des capacités d’intervention en mer, le partage des informations, et des opérations maritimes combinées au plan national, régional et international », a soutenu le général Cissokho. Pour sa part, le contre-amiral Momar Diagne, chef d’Etat-major de la Marine nationale sénégalaise, a estimé que le niveau de coopération entre les pays du Golfe de Guinée reste contrasté. Cette situation découle, selon lui, du fait que tous les pays qui composent cet espace ne sont pas au même niveau d’équipements, de formation mais aussi d’informations. « Depuis quelques années, des efforts de coopération sont faits grâce aux rencontres qui sont régulièrement organisées avec l’appui des coopérants et de nos partenaires dans le cadre de la formation, de l’équipement, de l’entraînement et du renseignement », a-t-il cependant souligné.

Moctar FICOU / VivAfrik

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