En conférence de presse à Dakar (Sénégal) : Re-Sources compte en finir avec les déchets solides

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La Plateforme Re-Sources qui est un réseau d’experts et de praticiens au service de la gestion des déchets dans les pays en développement a organisé une conférence internationale à Dakar sur la gestion des déchets. A l’issue de cette rencontre de trois jours (du 23 au 25 octobre 2017), elle a affiché son intention de mettre à la disposition des autorités les nouvelles pratiques pour une bonne gestion des déchets.

« Quand on entre dans nos villes, ce sont des ordures qui nous accueillent. Lorsqu’on quitte, ce sont des ordures qui nous disent au revoir ». C’est le constat inquiétant qu’avait fait Aminata Touré alors premier ministre du Sénégal, rappelle lesoleil.sn. Mais, au-delà de notre pays, la même problématique est partagée par tous les pays en voie de développement. La gestion des déchets reste un défi majeur pour les villes en Afrique et dans les Caraïbes. La question préoccupe la plateforme Re-Sources qui constitue un réseau d’experts et de praticiens au service de la gestion des déchets solides dans les pays en développement. Elle a organisé, à la maison de la presse de Dakar, une conférence internationale sur le thème : « Des solutions pour la gestion des déchets dans les pays en développement ». Dans ces pays en voie de développement, la collecte des déchets est souvent négligée.  La plateforme Re-Sources constate que seuls 40 % des déchets ménagères bruts sont collectés dans les pays moins avancés et 5 % mis en décharge. Pourtant, la mauvaise gestion des déchets est source de nombreuses nuisances. Selon Pascale Naquin, directrice de Cefrepade qui a lu la leçon inaugurale de cette conférence internationale de trois jours, une mauvaise gestion des déchets coûte beaucoup plus chère aux collectivités locales directement ou indirectement qu’une gestion correcte. Dans les pays développés, dit-elle, la problématique ne se pose plus car ils sont arrivés à mettre en place tout un arsenal de dispositif financier, réglementaire et technique qui permet d’éviter les nuisances et d’économiser de l’énergie et de la matière. Ces pays appliquent le principe de « pollueur-payeur » en demandant aux habitants, aux entreprises, aux fabricants de payer relativement cher.

Réduire les quantités de déchets mises en décharge

Par ailleurs, beaucoup de pays en Afrique et dans les Caraïbes ne peuvent pas encore appliquer ce même dispositif que les pays développés pour bien gérer les déchets. Souvent, informe Pascale Naquin, ces pays en développement consacrent, depuis de nombreuses années, une partie de l’aide au développement à des investissements lourds visant à améliorer la gestion des déchets. « Force est de constater que les résultats ne sont pas au rendez-vous », a déploré la directrice de Cefrepade. Il faut, selon Mme Naquin, changer de paradigmes car la situation n’est pas insoluble. « Gérer les déchets ne peut plus se limiter à les collecter et à les mettre en décharge. Il est de plus en plus difficile de trouver des sites de décharge adaptés et acceptés par les populations. Pour réduire les quantités mises en décharge, il existe toute une variété de levier d’actions », a-t-elle annoncé. Ces approches innovantes pour réduire la quantité de déchets mise à décharge sont, d’après la directrice du Cefrepade, la réduction de la production à la source, l’utilisation des sachets réutilisables pour les achats, la sélection à la source pour faciliter le recyclage ou le tamisage du sable. « Après tout cela, on peut se retrouver avec moins de 10 % de la masse à mettre en décharge », a-t-elle souligné.

En effet, des propositions concrètes sont attendues des experts, selon l’adjointe au gouverneur de la région de Dakar chargée du développement. D’après Aïssatou Touré Bâ qui a présidé la cérémonie d’ouverture de cette conférence, la gestion des déchets est une « problématique à résoudre pour nos pays en développement ». Surtout que, de plus en plus, les villes grandissent et les villages commencent à prendre des dimensions importantes. « C’est un problème à résoudre rapidement pour la préservation de l’environnement », a-t-elle dit. A l’issue de cette conférence internationale, la plateforme Re-Sources va mettre à la disposition des acteurs et des autorités de nouvelles pratiques en matière de gestion des déchets.

Moctar FICOU / VivAfrik

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