Un tracteur à la rescousse des petits producteurs de la RDC

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La dégradation avancée des routes de desserte agricole contraint les petits producteurs de la République démocratique du Congo (Rdc) à faire recours au bon vieux tracteur pour évacuer plus de deux tonnes par jour. Cette prouesse inattendue, a provoqué la joie des habitants de la province du Maniema considérée comme le grenier du pays.

Ces populations espèrent que ce tracteur agricole résolve un problème qui se pose dans la province du Maniema, celui de l’évacuation de sa production agricole. Ils pourront désormais écouler leurs productions vers le principal marché de consommation. Un fait jadis impensable  à cause de la dégradation avancée des routes de desserte agricole.

La non-évacuation de de la production avait provoqué une flambée des prix des denrées alimentaires. A Kindu, sa capitale, par exemple, les plus fortes hausses y sont enregistrées en un trimestre. En effet, le riz a triplé au cours des trois derniers mois, au grand dam des consommateurs désespérés. Maniema était connue pour son vaste réseau fonctionnel jusqu’à une certaine époque. Mais faute d’entretien et avec les dégâts causés par les précipitations dans une région du reste très accidentée, la plupart des routes de desserte agricole sont impraticables, accentuant le drame des petits producteurs agricoles qui voient leurs tonnes de produits champêtres pourrir en forêt. À défaut d’une solution durable, les petits agriculteurs optent pour le seul engin capable d’affronter les pistes les plus défoncées : le tracteur. Il est révolu le temps où il fallait transporter les produits vivriers en taxis motos à des prix faramineux. Bien entendu, cet ancien moyen de transport, très inadapté, impactait sur le prix final du marché. Toutefois, il ne s’agit pas, certes, d’un début de mécanisation même si le gouvernement central a bien remis des tracteurs agricoles qui ont été finalement détournés de leur utilisation. Cette question revient souvent dans les discussions entre experts en quête de solutions durables pour revitaliser la production agricole et réaliser le rêve d’autosuffisance alimentaire à l’échelle du pays. Pour l’heure, les petits agriculteurs préfèrent se cotiser pour acheter le carburant au seul tracteur disponible. Celui-ci appartient à un agriculteur et multiplicateur de semences.

Moctar FICOU / VivAfrik

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