Les solutions de Slow Food contre la loi OGM en Ouganda

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« En Ouganda, Slow Food continue d’adopter, de mettre en œuvre et de diffuser des pratiques agroécologiques résolvant de manière légitime les problèmes du système alimentaire actuel et travaille sur des initiatives défendant une biodiversité alimentaire, riche et périssable, menacée par les OGM », explique Edie Mukiibi, président de Slow Food Ouganda et vice-président de Slow Food International, précisant que la biodiversité ougandaise apporte des solutions aux grands problèmes rencontrés.

« Pour que les générations futures puissent bénéficier de la biodiversité alimentaire ougandaise, les agriculteurs du pays doivent soutenir, préserver et défendre leur culture alimentaire locale contre l’invasion des gènes brevetés, une invasion qui transformerait les agriculteurs indépendants en clients prisonniers d’une poignée de puissants agroindustriels », conseille-t-on aux agriculteurs. L’exemple le plus illustratif est celui des bananes : il s’agit d’un aliment de base pour le pays, autour duquel plusieurs multinationales travaillent pour créer une super-variété chargée en vitamine A, en zinc et en fer et résistante aux maladies les plus communes (telles que le flétrissement, les nématodes et les charançons). Tout cela dans le but d’améliorer la nutrition dans le pays et d’éviter des pertes économiques aux petits agriculteurs.

Que dit Slow Food de cette nouvelle « super banane » génétiquement modifiée ? En ce qui concerne la malnutrition, l’anémie et les carences en micronutriments, plusieurs aliments traditionnels permettent de surmonter facilement ces problèmes. On pense par exemple aux variétés locales de millet (comme l’éleusine, que Slow Food protège via la Sentinelle des Variétés de Millet Teso Kyere) riches en méthionine, un acide aminé dont manquent de nombreux aliments de base dans la région ; l’amarante rouge et violette est riche en minéraux et en vitamines, les carottes locales sont riches en vitamine A. Quant aux maladies qui attaquent la production bananière, l’agroécologie apporte des solutions spécifiques pour les combattre, surtout si les agriculteurs pratiquent des mesures agricoles préventives : l’utilisation d’outils décontaminés, la taille opportune des bourgeons, un système d’assainissement approprié sur la plantation et le maintien d’une bonne fertilité du sol, d’une bonne nutrition des plantes et d’une conservation adéquate de l’eau dans et autour des bananeraies.

Par contre, l’introduction des variétés OGM menace la maîtrise locale du système alimentaire et limite les exportations de fruits et légumes ougandais vers les marchés où les OGM sont interdits. Pire, le projet de loi ne dit rien de l’étiquetage de ces produits, tout en imposant de lourdes pénalités aux emballages présentant de fausses informations. A cette menace, s’ajoute le fait que l’Ouganda pourrait bientôt devenir le deuxième pays africain à ouvrir son marché aux aliments génétiquement modifiés, sans être sûr de la sécurité de cette nouvelle technologie pour l’environnement et la santé humaine. À l’heure actuelle, seule l’Afrique du Sud cultive des OGM (maïs, soja et coton), tandis que deux autres pays africains (Égypte et Soudan) cultivent uniquement du coton génétiquement modifié.

Moctar FICOU / VivAfrik

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