Finance carbone en Afrique

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Certains gaz de l’atmosphère, principalement le dioxyde de carbone (CO2), mais aussi le méthane (CH4), les halocarbures (HFC et PFC), le protoxyde d’azote (N2O) et l’hexafluorure de soufre (SF6), sont appelés Gaz à Effet de Serre (GES). Ils agissent comme une couverture naturelle qui accentue le réchauffement de la planète. L’activité humaine contribue à une augmentation de l’épaisseur de cette couverture, avec des effets potentiels de réchauffement significatif de la planète et de multiples conséquences induites. C’est dans ce contexte que les pays membres de la  Convention-Cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) se sont réunis au Japon, pour mettre en œuvre un traité international à travers le protocole de Kyoto signé le 11 décembre 1997 et entré en vigueur le 16 février 2005.

Ce protocole prévoit les mécanismes de développement propres, qui consistent à aider les pays en développement à atteindre leurs objectifs de développement durable, en favorisant des investissements profitables pour l’environnement, par l’entremise des gouvernements ou des entités privées dans les pays industrialisés.  Il vise à nourrir une politique bas carbone mettant en place le principe du pollueur payeur et aux moins pollueur de gagner en contrepartie des crédits carbones qu’ils reçoivent sous forme « de réductions certifiées d’émission ».

Les conséquences de ces mécanismes  devraient accélérer en Afrique l’atteinte des objectifs de développement durable notamment l’ODD 7 (le recours aux énergies renouvelables), l’ODD 13 (la lutte contre le changement climatique) mais surtout l’ODD 17 (le partenariat nord sud pour la réalisation des projets). Cependant, dans un rapport de la Banque mondiale qui met en évidence un fort potentiel de développement de projet dans le cadre du Mécanisme de Développement Propre (MDP) en Afrique (étude rendue publique lors du premier forum Panafricain du Carbone à Dakar au Sénégal) précise néanmoins que la part de celle ci représente une fraction minime des projets développés. En 2010, Fabrice KOM TCHUENTE dans une étude intitulée «LA FINANCE CARBONE, LES POLITIQUES ÉCOLOGIQUES Et l’Afrique dans tout ça ? » faisait noter que, ces parts étaient de l’ordre de l’ordre de 2,4% soit 120 projets sur un total de 4.900 soumis, sachant que 90% de ces projets en Afrique se limitent à l’Egypte et à l’Afrique du Sud (pays qui, sont responsables de 50% des émissions de gaz à effet de serre sur le continent). La plupart des investissements sont réalisés dans des projets en Inde, en Chine et au Brésil. Bien qu’on assiste de plus en plus à la naissance d’organismes financiers dont l’objectif est de promouvoir les projets éligibles aux MDP telles que le Fonds Africain des Biocarburants et des Energies renouvelables (FABER) et le Fonds Capital Carbone Maroc qui est le premier Fond africain francophone spécialement dédié à la finance carbone au Maroc, l’Afrique qui espérait bénéficier de la faible valeur de ses émissions pour attirer les capitaux des MDP est néanmoins victime d’un manque d’intérêt.

C’est le cas par exemple d’HYSACAM, une société spécialisée dans la collecte des déchets au Cameroun, qui crie à l’arnaque. Car croyant faire un investissement rentable tout en contribuant à la lutte contre le changement climatique. Il se retrouve avec des centaines de milliers de crédits carbones et pas un acheteur à l’horizon. « Il faut sauver le MDP, il faut sauver HYSACAM », exhorte le chef d’entreprise Michel Ngapanoun dans lemonde.fr en décembre 2015, s’interrogeant sur le sort de ses 5 000 salariés si personne ne lui venait en aide.

Ce manque d’intérêt s’explique, d’après les experts, par les conditions généralement peu propices aux investissements qui règnent en Afrique, notamment la pénurie d’organismes financiers et commerciaux performants et l’insuffisance des moyens administratifs et de gestion du continent.  

Aminata NDIAYE (Stagiaire) / VivAfrik

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