La chenille légionnaire, une menace pour l’agriculture malgache

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La chenille légionnaire d’automne fait son apparition à Madagascar et dicte sa loi à plusieurs plantations et cultures dans le sud-ouest de la grande île. Considéré comme un véritable fléau sur le continent africain, l’insecte, reconnaissable à son « Y » renversé entre les deux yeux doit son nom au fait qu’il se déplace en masse, attaque les feuilles et les épis de maïs, détruisant tout sur son passage.

10 à 15 000 hectares de parcelles infestées par ce parasite

La chenille légionnaire est doté d’une capacité de dispersion est très grande. Elle est aperçue pour la première fois en novembre 2017 dans le sud de l’île, au nord de Tuléar. A l’heure actuelle, elle il est recensée dans 13 des 22 régions de Madagascar. Une situation qui hante le sommeil des cultivateurs à la veille de la première récolte vivrière de l’année en cours dans le Sud du pays.

Le ministère de l’Agriculture prédisait que « la chenille légionnaire arriverait à Madagascar » un jour. Lucien Ranarivelo, directeur général de l’Agriculture entend consacrer ses efforts sur la surveillance et prévenir sa propagation fulgurante plutôt que de s’interroger sur le fait que ce sont les vents marins ou les porte-conteneurs qui l’ont transportée dans son pays. « On cultive à peu près 300 000 hectares de maïs à Madagascar, explique-t-il. Et nous avons recensé, en ce mois de février 2018, 10 à 15 000 hectares de parcelles infestées par ce parasite. Actuellement, ce n’est pas encore une infestation d’un degré très élevé, donc on peut encore maîtriser. »

Le recours aux pesticides

Ainsi, le ministère de l’Agriculture conseille de mener des actions urgentes pour combattre la chenille légionnaire. Car le papillon Spodoptera frugiperda, en plus d’être extrêmement fertile – il peut pondre plus de mille œufs durant sa vie, se déplace très rapidement. « Le ministère recommande tout d’abord aux cultivateurs la lutte mécanique, c’est-à-dire qu’on ramasse les chenilles, on ramasse les œufs, on brûle les feuilles sur lesquelles sont présents les chenilles et les œufs. Et en dernier recours, c’est là seulement que le ministère recommande l’utilisation de pesticides. »

Sur ce point précis, cinq pesticides viennent d’être homologués par le ministère malgache de l’Agriculture. Dans le sud de la grande île, les cultivateurs ont commencé la semaine dernière les épandages. Ils craignent que la chenille n’anéantisse la récolte et fragilise une situation alimentaire déjà précaire.

Moctar FICOU / VivAfrik

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