Au Botswana, l’Afrique invite l’UE à interdire le commerce d’ivoire

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Réunis au Botswana dans le cadre du sommet consacré à la protection des éléphants et à la lutte contre le braconnage dont sont victimes les pachydermes, une trentaine de pays africains ont appelé vendredi 16 mars 2018 l’Union européenne (Ue) à interdire le commerce de l’ivoire.

L’officialisation de cette invite est l’œuvre des présidents du Botswana, Ian Khama, de l’Ouganda, Yoweri Museveni et du Gabon, Ali Bongo qui ont signé avec 29 autres pays d’Afrique une pétition appelant, une nouvelle fois, l’Europe « à fermer son marché de l’ivoire ».

L’Union européenne, « le plus grand exportateur au monde d’ivoire légal », a exporté « 1.258 défenses en 2014 et 2015, soit plus que lors des huit années précédentes », selon l’organisation Avaaz initiatrice de la pétition. En outre, l’Ue a depuis conseillé à ses pays membres de n’exporter que l’ivoire sculpté, plutôt que des défenses naturelles.

Mais ce commerce légal pourrait alimenter la demande en ivoire et servir à masquer ainsi son commerce illégal, a mis en garde Avaaz. « Au rythme actuel, les éléphants qui vivent à l’état sauvage pourraient disparaître dans quelques décennies », selon le communiqué. « Des responsables européens nous ont dit qu’ils ne pouvaient pas interdire l’ivoire parce qu’il n’y avait pas assez de responsables africains qui le souhaitaient », a déclaré Bert Wander, responsable des campagnes chez Avaaz. « La vérité est que désormais il n’y en a plus un seul. Le reste du monde tourne le dos au trafic de l’ivoire. Pourquoi pas l’Europe ? »

Le continent africain ne compte plus que 415.000 éléphants, soit 111.000 de moins que lors de la dernière décennie, selon l’Union internationale pour la conservation de la nature (Uicn). Chaque année, 30.000 pachydermes sont tués.

Moctar FICOU / VivAfrik

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