Des militants écologistes de la Gambie se rebellent contre Golden Lead factory

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Les gambiens ne digèrent plus les désagréments causés par la société chinoise, Golden Lead factory, ouverte en en septembre 2016. Suffisant pour les militants écologistes de la Gambie de retirer jeudi 22 mars 2018, une canalisation permettant à la société d’envoyer directement dans la mer des résidus polluants produits par l’usine de production d’aliments pour animaux.

L’envoie des résidus a suscité des protestations depuis plusieurs mois des défenseurs de l’environnement en particulier et des habitants du village de Gunjur, situé à une heure de la capitale, Banjul en général. Ces habitants se sont plaints de la pollution qui a tué les poissons et affecté la santé des villageois depuis l’ouverture de la Golden Lead factory en septembre 2016.

« Nous avons réussi à agir pour que la National Environment Agency (Nea) s’implique dans cette affaire », a déclaré l’ancien ministre Amadou Scattred Janneh, chef de file des manifestants. « Ils ont reçu l’ordre de la Nea de retirer la canalisation et ils ne l’ont pas exécuté depuis huit mois ».

« La communauté de Gunjur avait fixé un ultimatum d’une semaine à la Golden Lead Company pour enlever cette canalisation. L’ultimatum a expiré mercredi 21 mars 2018. Donc aujourd’hui (jeudi 22 mars), nous avons été sur place et avons enlevé la canalisation nous-mêmes », a ajouté M. Janneh.

La société chinoise a appelé la police, qui n’a pas procédé à des arrestations après son intervention sur place. Les policiers n’ont pas empêché l’action des manifestants.

Bakary Darboe, un responsable gambien de la société chinoise, a démenti que l’usine continuait à évacuer des déchets dans la mer.

« Amadou Scattred Janneh et d’autres disent qu’ils ne croient pas que nous ne déversons pas de déchets dans la mer, et ils ont décidé de venir retirer cette canalisation », a-t-il déclaré. Ajoutant : « nous avons pris des mesures pour nous assurer que l’odeur, qui, selon eux, est mauvaise pour santé, soit sous contrôle. Et désormais, il n’y a plus d’odeur venant de l’usine ».

Le gouvernement du président Adama Barrow souhaite vivement obtenir des investissements chinois pour apporter de l’argent frais à l’économie gambienne.

Mécontent de la décision de l’Etat de faire cesser l’action en justice, le village de Gunjur a lancé une procédure devant la haute cour de Banjul, qui est en cours.

Pour rappel, l’an dernier, la Nea avait forcé la société chinoise à comparaître devant un tribunal pour ne pas avoir respecté les règles de protection de l’environnement, mais le gouvernement était intervenu pour que l’affaire soit classée sans suites.

Moctar FICOU / VivAfrik

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