Energies : les opérateurs marocains à la conquête du marché africain

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Le Royaume chérifien dispose d’énormes potentialités tant sur le plan humain que sur le plan de ressources naturelles. Conscients de la qualité de leurs expériences (élargissement du réseau électrique et quasi-généralisation de l’électrification rurale), les opérateurs marocains partent en mission de prospection et de consolidation commerciales à travers l’Afrique. Ils sont bien positionnés pour mieux répondre aux attentes sachant que 60% des populations rurales africaines n’ont pas accès à l’électricité.

Ce savoir-faire des opérateurs marocains contraint le ministère de l’Énergie et des Mines à projeter le « taux d’électrification rurale (du Maroc à) 99,82% en 2019 », si l’on sait que les réalisations du ministère font du Perg marocain un cas d’école à dupliquer dans les pays africains.

Suffisant pour les entreprises du secteur de l’électricité et des énergies renouvelables de partir à l’assaut du marché africain qui pâtit encore de gros déficits. La Fédération nationale de l’électricité, l’électronique & les énergies renouvelables (Fenelec) et l’Agence marocaine de promotion et de développement des investissements et des exportations (Amdie) pilotent une importante délégation composée d’une centaine d’opérateurs et de patrons pour conquérir de nouveaux marchés.

Ces opérateurs du secteur énergétique marocain prendront part à la première édition du salon itinérant de l’électricité en Afrique « Elec Expo Abidjan », qui se tiendra du 10 au 12 mai 2018 à Abidjan, en Côte d’Ivoire.

La maturité du secteur de l’électricité au Maroc et l’expérience marocaine

A l’occasion de cet événement continental, des entreprises marocaines exposeront leur savoir-faire auprès d’une centaine d’opérateurs venus d’une dizaine de pays (Côte d’Ivoire, Algérie, Cameroun, Gabon, Mali, Sénégal, Tunisie, Togo, Bénin).  Fabricants d’équipements, distributeurs, bureaux d’études, fournisseurs d’électricité, installateurs, donneurs d’ordre, bailleurs de fonds… Les exposants représentent toutes les branches de l’électricité et des énergies renouvelables : production d’énergie électrique, efficacité énergétique, réseaux de transport et de distribution, contrôle, automation, éclairage, solaire, éolien, appareillages électriques, outillage et matériel de sécurité, équipements de tests et mesures, électricité domestique ou encore domotique. Le grand public sera également de la partie. Sont attendus à cette grand-messe près de 5.000 visiteurs professionnels.

De l’avis de Khalil El Guermaï, directeur général de la Fenelec, cette ruée s’explique par les potentialités existantes dans le continent. « La maturité du secteur de l’électricité au Maroc et l’expérience marocaine sont des actifs qui peuvent servir de modèles aux pays du continent qui ont des taux d’électrification insuffisants ».

Ajoutant que, « du fait du retard énergétique et des nouvelles orientations stratégiques de l’essentiel des pays d’Afrique subsaharienne, le continent offre un des marchés les plus intéressants au monde ».  D’ailleurs, depuis quinze ans, la Fenelec a multiplié les missions et partenariats sur le continent en général et avec l’Afrique de l’Ouest en particulier. « Il n’y a pas de croissance inclusive et durable tant qu’une partie du continent reste dans le noir », tient à préciser le directeur général de la Fédération, visiblement confiant du rendement de ses opérateurs.

Perçue comme étant la porte d’entrée commerciale de l’Afrique francophone, la Côte d’Ivoire veut doubler la capacité énergétique d’ici à 2020. Son taux d’électrification actuel est de 55,80%. Avec une économie de plus en plus diversifiée et en croissance attendue de 7% en 2018, le pays s’attend à une demande d’électricité croissante. La première édition du salon itinérant de l’électricité en Afrique « Elec Expo Abidjan » permettra également de booster à partir de la Côte d’Ivoire le développement du secteur de l’électricité et des énergies renouvelables en Afrique où le taux d’accès à l’énergie moderne, notamment l’électricité, demeure faible.

Besoins et perspectives

Les régions de l’Afrique de l’ouest, de l’est et centrale concentrent 88% de la population sans accès à l’électricité. Pis encore, 19 sur 20 pays ayant le taux d’électrification le plus faible au monde sont issus de l’Afrique subsaharienne. D’ailleurs, la puissance installée du réseau subsaharien est d’environ 90 Gigawatts (Gw). Autre constat : l’Afrique du Sud s’accapare à elle seule près de 50% de la capacité de production d’électricité. Face à ces insuffisances, la demande est en forte augmentation avec une croissance économique moyenne supérieure à 6%. L’avenir nécessitera une coopération régionale afin de mieux répondre à une infrastructure favorisant l’émergence d’une dynamique pour le développement des énergies renouvelables. Selon les données fournies par l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (Irena), les prévisions de capacités additionnelles sont de l’ordre de 457 Gw à l’horizon 2030 dont 292 Gw d’énergies renouvelables. Ces statistiques justifient avec aisance le besoins de prospection dans le marché africain par les opérateurs du Maroc.

Moctar FICOU / VivAfrik

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