Afrique du Nord : hausse de 10 % du désert du Sahara en un siècle

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Une récente étude de l’Université du Maryland rendue publique fin mars 2018 dans le Journal of Climate révèle que la surface du Sahara s’est étendue de 10%, depuis 1920,  grignotant peu à peu les terres qui le bordent au nord et au sud.

Les rédacteurs de cette étude précisent que cette extension s’explique par la baisse de la pluviométrie, ajoutnat qu’une zone se transforme en désert lorsqu’il y pleut moins de 100 mm d’eau par an.

Les chercheurs Natalie Thomas et Sumant Nigam, auteurs de l’étude, ont en effet noté que l’examen des données pluviométriques relevées au XXe siècle et au début du XXIe siècle dans la région, a révélé que les étés sont aujourd’hui plus chauds, et les hivers plus secs.

Mais la raréfaction des pluies n’explique pas tout. Selon l’étude, sur la totalité de la surface d’extension du Sahara, les deux tiers sont liés aux cycles climatiques naturels. En revanche, le dernier tiers est imputable à l’impact des activités humaines sur les changements climatiques.

« Les déserts se forment d’habitude dans les zones subtropicales, car l’air chaud monte dans les zones équatoriales et redescend dans les zones au nord et au sud. C’est un air chaud et sec. Cela explique que le désert puisse gagner vers le nord. Mais le fait qu’il grandisse aussi vers le sud montre que d’autres mécanismes sont à l’œuvre », explique Sumant Nigam.

Les retombées de l’extension du Sahara, dont la superficie s’élève aujourd’hui à 8,6 millions de km², risquent d’être désastreuses pour le Sahel, où l’élevage et l’agriculture constituent les principaux moyens de subsistance pour les populations  locales. Le bassin du lac Tchad est particulièrement vulnérable à cette avancée du désert.

« Le bassin du lac Tchad est situé dans une région où le désert est bien descendu vers le sud. Et le lac s’assèche. Cela constitue un signal d’alarme concernant la baisse des précipitations, non pas seulement localement, mais à l’échelle de toute la région du bassin-versant du lac », s’alarme M. Nigam.

Moctar FICOU / VivAfrik

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