Les EnR et l’efficacité énergétique : un domaine de l’innovation par excellence au Maroc

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Le ministère de l’Energie, des Mines et du Développement Durable appuyé de ses partenaires concernés, œuvre pour la promotion de la recherche et du développement, de l’innovation technologique et du transfert de technologie dans le domaine des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique.

« Le Maroc a également renforcé son infrastructure de recherche et développement, particulièrement par la réalisation d’un complexe baptisé « Green Energy Park », premier en son genre sur le continent et qui renferme des laboratoires de pointe et plusieurs plateformes de test et de projets pilotes », avait précisé le ministre de l’Energie, des Mines et du Développement durable, Aziz Rabbah dans une interview avec Innovant (Cf. Innovant N°65, mars 2018). D’autres projets innovants propres sont en cours de gestation ou de réalisation, eu égard au contexte environnemental marocain propice.

Green Energy Park : une plateforme développée par IRESEN

La plateforme internationale de tests, de recherche et de formation en énergie solaire Green Energy Park a été inaugurée par Sa Majesté Le Roi Mohammed VI, le jeudi 12 janvier 2017, dans la ville verte de BenGuerir (50 km au Nord de Marrakech). C’est une première en Afrique qui permettra de mutualiser les ressources, de créer des synergies et de positionner le Maroc comme leader de l’innovation dans le domaine des énergies renouvelables.

Mobilisant des investissements de plus de 210 millions de DH, ce projet pilote implique de développer la recherche scientifique, d’optimiser l’exploitation des ressources naturelles du Maroc, de préserver son environnement, de pérenniser son développement économique et social, et d’assurer l’avenir des générations futures.

Cette plateforme, développée par l’Institut de recherche en énergie solaire et énergies nouvelles (Iresen) avec le soutien du ministère de l’Energie, des Mines et du Développement Durable ainsi que du groupe OCP, mène des recherches sur des sujets prioritaires. Ces recherches couvrent tous les maillons de la chaîne, de valeur de la R&D, du composant de base jusqu’aux systèmes complexes, afin de répondre aux besoins nationaux et africains.

En effet, des sujets comme le traitement et le dessalement de l’eau en utilisant l’énergie solaire, le développement de modules du désert, la conception de solutions de stockage thermique et électrique innovantes et le développement d’applications industrielles du solaire thermique sont au centre des préoccupations du Green Energy Park.

Réalisé sur un terrain de 8 ha, le Green Energy Park dispose d’une plateforme de recherche intérieure de plus de 3.000 m2 qui intègre plusieurs laboratoires dans le domaine du solaire photovoltaïque et du solaire thermique à concentration.

Elle comprend également un laboratoire de production de cellules photovoltaïques couches minces et de traitement de surface, un laboratoire de caractérisation électrique et optique des cellules photovoltaïque, un laboratoire intérieur de production et de tests des composantes solaires, un laboratoire d’étude de la dégradation des matériaux, un laboratoire de caractérisation des surfaces, un laboratoire de déflectométrie et de modélisation optique des structures CSP, et un centre de calcul et de modélisation des ressources.

Le Green Energy Park comprend aussi une plate-forme de recherche extérieure constituée de plusieurs espaces de tests et de caractérisation et comportant des projets pilotes à échelle réelle sur une surface totale de 6,5 ha. Ces plateformes constituent un espace d’innovation et d’entreprenariat attrayant aussi bien pour le monde académique que pour celui socio-économique.

Mobilité durable : un transport innovant

Le projet de la Feuille de route pour une mobilité durable au Maroc s’inspire de la macro-feuille de route pour la transformation du transport, initiée par la plateforme internationale «Paris process on mobility and climate» (Ppmc). Ce dernier œuvre pour faire du secteur du transport un vrai contributeur à l’atteinte des Objectifs du développement durable (Odd) et ceux de l’Accord de Paris.

Avec la macro-feuille de route globale, le Ppmc propose une approche synergétique pour la transformation et la décarbonation du transport. S’agissant d’une feuille de route globale, elle appelle à être adaptée et mise en cohérence avec les différentes conditions des régions et pays.

Ainsi, le Maroc engage la première adaptation au niveau national pour élaborer sa propre Feuille de Route pour une Mobilité Durable au Maroc.

Placé sous la tutelle du ministère de l’Équipement, du transport, de la logistique et de l’eau et financé par l’Agence de coopération technique allemande (Giz), en collaboration avec la Société d’investissements énergétiques (Sie), ce projet comprend huit axes d’intervention, à savoir : la transformation urbaine synergique, l’énergie à bas carbone, l’optimisation shift modal et efficacité, l’optimisation des chaînes logistiques, l’adaptation des infrastructures, les réductions de voyages, les outils financiers et réglementaires et les solutions pour le monde rural.

La feuille de route pour une mobilité durable au Maroc devrait être élaborée en complémentarité avec les stratégies et plans engagés, notamment ceux en relation avec les secteurs de la logistique, de l’aménagement des villes, de l’énergie et du développement durable. Elle devra anticiper l’évolution des besoins de transport dans un monde connecté et mobile et inclure de nouvelles technologies et modes de gouvernance.

Un premier draft du projet de Feuille de route pour une mobilité durable au Maroc a été, en effet, présenté dans le pavillon marocain à la 23ème Conférence des Parties à la Convention Cadre des Nations unies sur le changement climatique (Ccnucc) qui s’est tenue à Bonn, en Allemagne, du 06 au 17 Novembre 2017.

Le projet s’inscrit dans le cadre de l’engagement pris par le Maroc, en tant que président de la COP22, et considéré en tant que paradigme à suivre par d’autres pays en matière d’adaptation, aux niveaux régional et national, dans le cadre de la macro-feuille de route globale pour la transformation du transport, élaborée par la plateforme internationale « Paris Process for Mobility and Climate » (Ppmc).

La Fondation Mohammed VI pour la protection de l’environnement

Cependant, la feuille de route prendra en compte les priorités et opportunités spécifiques du Royaume, ainsi que les principales stratégies nationales, selon les consultants internationaux ayant travaillé sur ce projet pour le compte du ministère de l’Équipement, du transport, de la logistique et de l’eau.

Lors d’une rencontre dans le pavillon marocain à la 23ème Conférence des Parties à la Convention cadre des Nations unies sur le changement climatique (Ccnucc), tenue à Bonn, en Allemagne, du 06 au 17 Novembre 2017, le consultant britannique Mark Major accompagné de Stéfanie Sohm, a précisé que « Le Maroc dispose de cette source d’énergie renouvelable propre qu’est le solaire qu’on peut utiliser pour les vélos, les camions et les motos, sans compter la tradition culturelle locale de partager les taxis qui n’existe pas en Europe où il y a une tendance actuellement à développer ce mode de transport ».

Tandis que la consultante allemande Stefanie Sohm a relevé que « le Maroc a déjà une stratégie pour le développement des énergies renouvelable pour 2030 ». Elle considère que le Maroc possède un énorme potentiel pour faire bénéficier le transport des sources d’énergie renouvelable et contribuer à réduire la dépendance du transport aux énergies fossiles.

Dans le même contexte, M. Omar Lemsioui, chargé du programme Air/Climat au sein de la Fondation Mohammed VI pour la protection de l’environnement, a mis l’accent sur le projet de la mobilité électrique dans le cadre de partenariat avec le Programme des Nations unies pour l’Environnement (Pnue), qui vise à introduire de manière effective la moto électrique au niveau de la ville de Marrakech, pour faire face à la problématique de pollution des deux roues dans la ville ocre, et ce dans le cadre d’une approche fédérative qui s’inscrit dans le cadre de l’engagement du Royaume à réduire de 42% ses émissions de gaz à effet de serre (Ges) d’ici à 2030.

Moctar FICOU / VivAfrik

Avec innovantmagazine.ma

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