Crise alimentaire : le Burkina Faso fait face au fléau

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Les autorités du Burkina Faso se sont engagées à acheter plus de 95 000 tonnes de céréales afin de faire face à la grave crise alimentaire qui frappe le pays en raison d’un déficit céréalier. En outre, la société nationale de gestion des stocks de sécurité alimentaire a multiplié le nombre des points de vente des céréales aux personnes les plus vulnérables, à prix social.

Multipliant ses efforts contre ce fléau, le gouvernement burkinabè a, en plus, décidé d’approvisionner les boutiques témoins. Cette opération jugée « nécessaire » a déjà commencé dans la capitale ainsi que dans les autres localités du pays.

D’après les dirigeants burkinabés, durant toute l’année, plus deux cents boutiques seront approvisionnées. Chaque boutique recevra 30 tonnes de céréales par mois. Une quantité qui passera à 40 tonnes à la période de soudure, entre juin et septembre, selon le ministère de l’Agriculture. Pour l’ensemble de l’année 2018, le gouvernement a annoncé un apport de plus de 25 milliards de francs CFA pour l’acquisition d’environ 95 000 tonnes de céréales.

Sur le plan agricole, le ministère a également prévu une distribution de semences améliorées aux personnes vulnérables ainsi que la remise d’intrants et d’équipements agricoles aux producteurs, pour la culture de saison sèche.

Les origines du déficit céréalier

L’Organisation des Nations unies (Onu) reconnait que le déficit céréalier est très important. Expliquant d’emblée que ce déficit est due à une saison pluvieuse plus courte que d’habitude et entrecoupée de périodes de sécheresses. Aristide Ongone Obame, représentant de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao), au Burkina Faso, ajoute que le pays, comme la plupart des pays africains, s’est vu confronté, cette année, à une invasion de chenilles légionnaires.

« C’est une chenille qui se déplace très rapidement, attaque toutes les céréales et qui, en quelques mois, a envahi tout le Burkiana », précise-t-il avant d’évoquer une autre raison, celle d’une « invasion d’oiseaux carnivores » que le pays connaît depuis environ trois ans.

Le représentant de la Fao au Burkina Faso préconise des mesures pour faire face à cette année qui s’annonce très difficile sur le plan alimentaire.

« Il faut pouvoir trouver des aliments et les mettre à la disposition des populations vulnérables qui n’ont plus rien à manger. Il faudrait également recréer et renforcer à nouveau les moyens de production que les populations ont perdu. On peut aussi renforcer les capacités des populations par ce que l’on appelle le transfert monétaire, c’est-à-dire mettre à la disposition de ces populations du cash pour leur permettre d’acheter ce dont ils ne disposent pas. Si vous faites, en effet, du relèvement en distribuant les intrants, sans apporter du cash ou des aliments, les populations auront tendance – tellement le besoin est important – à consommer directement les semences et on ne règle pas le problème ».

Moctar FICOU / VivAfrik

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