Sénégal : la centrale à charbon de Bargny de plus en plus récusée

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Le Réseau des associations pour la protection de l’environnement (Rapen) de Bargny et le comité pour la campagne DeCOALonise Sénégal, appuyés par les populations de ladite localité ont intensifié le combat contre la centrale à charbon de Bargny le vendredi 25 mai 2018 à la plage de Gadjé.

Ces écologistes ont profité de cette mobilisation qui s’inscrit dans le cadre de la journée africaine contre le charbon, pour dire une fois de plus « non à la centrale à charbon de Bargny ». Pour l’expert maison Daouda Larry Gueye, par ailleurs directeur exécutif de Bargny Coast Water Keeper, cette transition programmée pour 2021 va engendrer des problèmes environnementaux qui vont éteindre les activités socio-économiques à Bargny.

« Une centrale qui pollue plus de cinq ans aura des effets de plus de 25 ans par rapport à la pollution que cela crée. Cela veut dire que se sera trop tard. On ne peut pas attendre jusqu’en 2021 pour une transition vers le gaz. (…).Il n’est même pas évident qu’en 2021 qu’ils vont le faire », a réprouvé le spécialiste lors de la réunion publique.

« L’Etat ne peut pas fermer les yeux quant à l’avenir de Bargny »

«  Avec le rejet des eaux chaudes et polluantes les pêcheurs seront gravement affectés. Nous sommes debout comme une seule personne pour dire non à cette centrale à charbon.  En aucun cas on ne peut nous faire la théorie qu’elle peut ne pas être dangereuse pour les populations. L’Etat ne peut pas fermer les yeux quant à l’avenir de Bargny qui risque de disparaître », conteste vigoureusement le membre du réseau des associations pour la protection de l’environnement Rapen.

« Il y a pas de développement durable avec le charbon », précise pour sa part l’environnementaliste Fadel qui poursuit que « la centrale de Bargny n’a pas sa place dans le Sénégal émergent ».

D’après ces écologistes, la centrale à charbon de Bargny va largement contribuer à enfoncer Bargny dans un engrenage sans précédent.  « Quand on nous prend les 120 ha que constitue la zone sur lequel la centrale est implantée, le pôle avec 1600 ha, le port minéralier et vraquier de Bargny –Sendou 450 ha. Cela veut dire que Bargny n’a plus de surface. La commune de Bargny est menacée. Il est temps de renoncer à cette centrale à charbon d’autant plus que nous sommes en train de penser à des énergies renouvelables », ont-ils soutenu en marge du forum communautaire tenu à quelques encablures du site de Xelcom.

Rappelons que cette initiative africaine s’inscrit dans le cadre de la lutte contre les énergies fossiles. Une initiative qui a vu la participation de l’organisation Action Solidaire Internationale, de l’ONG Rosa Luxembourg Stiftung et l’ONG 350.org.

Moctar FICOU / VivAfrik

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